Trenze-deux ans se sont écoulés depuis la disparition de Didier Seignole, et la question reste toujours sans réponse : où est le corps de cet homme ? Gérard Rouge faisait partie des premiers enquêteurs à examiner la voiture Seat bleue, retrouvée sur le parking de la gare des Versannes, un matin glacé de janvier. Ce retraité se souvient chaque année, le 27 janvier, de ce drame qui l’a profondément marqué. « Chaque année, je me demande où il est… » lâche-t-il, la voix chargée d’émotion. Un ancien collègue lui avait d'ailleurs dit à l'époque : 'Gégé, c'est le dossier de ta vie'. « Et il avait raison », confie-t-il avec une certaine gravité.

« Les hypothèses du suicide ou de la fugue ne tiennent pas », déclare Gérard Rouge.
Alors que trois personnes ont été récemment placées en garde à vue, Gérard se remémore les débuts de l’enquête et ses échanges avec les habitants de La Douze. « Ce sentiment d'échec m'accompagne, car je me suis investi pleinement dans cette affaire. », ajoute-t-il.
Le poids de l'échec
« Mon plus grand regret est de n'avoir jamais pu écarter ces pistes de fugue ou de suicide faute de preuves tangibles », souligne-t-il. En effet, deux opinions d'experts de l'époque vont dans ce sens, alors que le groupe des 'cold cases' a relancé l'enquête récemment, recherchant activement de nouvelles pistes et témoins.
Ce travail de ré-investigation, confié au pôle des crimes non éclaircis de Nanterre, permet à Gérard de retrouver une lueur d'espoir. « Ils disposent des moyens nécessaires pour avancer, et je suis convaincu qu'il y aura une évolution... », assure-t-il.
Pour Gérard Rouge, qui a assisté aux obsèques du père de Didier Seignole, ce n'est pas seulement une affaire professionnelle, mais aussi personnelle, et il a promis de continuer à chercher tant qu'il sera en vie. « Je m'engage à ne jamais abandonner cette quête », conclut-il.







