Depuis le 19 mai, les syndicats du lycée maritime et aquacole de Cherbourg ont déclenché une grève illimitée, faisant écho à une situation qu'ils décrivent comme "alarmante". En avril, lors d'un conseil d'administration, il leur a été annoncé que la formation continue serait définitivement arrêtée au 1er janvier 2027. Cette décision pourrait avoir des conséquences lourdes non seulement sur l'emploi local, mais également sur toute la filière maritime, selon les enseignants et le personnel mobilisé. En réponse à ces préoccupations, la direction du collège indique rechercher des solutions malgré des contraintes budgétaires sévères.
des répercussions sur toute une filière
Il n'existe que 12 lycées maritimes en France, et seulement trois sur la façade maritime nord. La fermeture de la formation continue au lycée de Cherbourg susciterait de vives inquiétudes parmi les professionnels de la mer. Eva Guastucci, responsable de la formation continue, souligne : "Ce service est essentiel pour former à la fois les demandeurs d'emploi et les marins professionnels, que ce soit dans la pêche ou la conchyliculture." La disparition de ces formations obligatoires obligerait les diplômés à se tourner vers d'autres régions, comme Fécamp ou Boulogne-sur-Mer, qui ne pourraient pas accueillir toute la demande existante. De plus, la fermeture entraverait également la formation initiale des lycéens, les contraignant à partir ailleurs.
Les conséquences ne se limitent pas qu'aux étudiants : le service de formation continue compte actuellement six agents administratifs qui craignent de perdre leur emploi, soit par réaffectation, soit par licenciement.
la crainte d'un déclin du lycée maritime dans son ensemble
La préoccupation des grévistes va au-delà de la seule formation continue. "Nous ressentons un manque de ressources récurrent depuis plusieurs années," déclare Yann Robert, enseignant en culture marine. "Il est difficile d'imaginer comment l'établissement pourra surmonter la crise actuelle sans une réorganisation totale." Pour beaucoup, la situation ressemble à un démantèlement progressif de l'établissement, suscitant des craintes quant à une fermeture éventuelle.
Les personnels espèrent également le soutien de leur tutelle, qui dépend du ministère de la Mer, via la direction inter-régionale de la mer.
rien n'est acté, une alternative est à l'étude
Vincent Lequenne, le directeur de l'établissement, se trouve face à un mur. La formation continue, qui doit s’auto-financer, fait face à une baisse des inscriptions et à des coûts de certification de plus en plus élevés. "Nous sommes confrontés à un déficit de 10%," admet le directeur, qui insiste sur la nécessité d'arrêter cette hémorragie pour préserver la formation initiale. Cela pourrait impliquer des économies et des changements organisationnels.
Lequenne assure qu'un projet est en cours pour tenter de sauver la formation continue. "Je propose de transférer la gestion des agents administratifs vers une entité qui pourrait mieux les gérer," explique-t-il. Cela laisserait les enseignants, mais sans garantie d'emploi pour le personnel administratif actuels.
Le directeur espère que ce plan sera discuté lors d'un conseil d'administration extraordinaire prévu le 8 juin, mais les grévistes restent déterminés : leur préavis de grève est illimité, et d'autres mobilisations pourraient se préparer dans les semaines à venir.







