Vendredi soir, une manifestation a eu lieu devant le théâtre de l'Escapade à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), où se tenait un concert à guichets fermés de l'ancienne étoile des années 80, Jean-Luc Lahaye. Cette rencontre musicale a été le point de départ de vives protestations en raison des accusations graves qui pèsent contre l'artiste, mis en examen pour des actes de viol et d'agression sexuelle sur mineures.
Le concert a eu lieu dans un contexte particulier, le théâtre étant géré par la municipalité RN depuis 2025, et une prochaine performance prévue pour le 14 juillet à Billy-Montigny, une autre commune aux mains du Rassemblement national. Selon les représentants de la mairie, les billets se sont écoulés extrêmement vite, témoignant d'un certain intérêt pour l'artiste.
En face du théâtre, environ trente manifestants, rassemblés par le mouvement #NousToutes et un collectif antifasciste régional, ont exprimé leur indignation en scandant des slogans tels que "la honte" ou "pensez à vos enfants" à l'adresse des spectateurs. "Jean-Luc Lahaye pédocriminel, agresseur sexuel, prédateur, violeur", criaient-ils, brandissant des affiches de soutien aux victimes.
Parmi le public, certains se sont montrés plus conciliants. Nestor, 52 ans, pompiste venant de Paris, a indiqué comprendre les inquiétudes de la foule, tout en rappelant qu'il faut tenir compte de la présomption d'innocence. Il a précisé : "Le féminisme est une belle démarche, mais parfois cela peut être mal interprété." Nathalie, 58 ans, une fan venue de Lille, a quant à elle exprimé des doutes sur la véracité des accusations, les qualifiant de vengeance. Elle a ajouté : "C'est comme pour Patrick Bruel, mais lui a plus de plaignantes, alors que pour Jean-Luc, il n'y en a que deux."
En poursuivant son parcours controversé, Jean-Luc Lahaye, aujourd'hui âgé de 73 ans, a un passé judiciaire dont il se défend. En 2007, il a reçu une amende de 10.000 euros pour des relations avec une mineure de 15 ans, suivie en 2015 d'une condamnation à un an de prison avec sursis pour corruption de mineure. En 2021, il a été mis en examen pour "viol et agression sexuelle sur mineures de plus de 15 ans", concernant deux jeunes femmes nées en 1998 et 2000. Les faits présumés remonteraient à 2013 et l'artiste les conteste fermement.
Marine Tondelier, secrétaire nationale des Ecologistes, a qualifié cette représentation de "gifle pour toutes les victimes de violences sexistes et sexuelles". Elle a également souligné le mépris du RN envers les luttes pour la justice sociale. Ces événements relancent ainsi le débat sur la nécessité de prendre au sérieux les accusations de violences sexuelles et l'impact que cela a sur la société.







