Israël a récemment ordonné l'évacuation de la ville antique de Tyr, tout en intensifiant les bombardements sur cette cité qui abrite des vestiges archéologiques majeurs, principalement de l'époque romaine.
Selon Ghassan Salamé, ministre libanais de la Culture, ces frappes mettent en "danger sérieux" des sites d'une grande valeur historique, y compris les ruines de Tyr et la forteresse médiévale de Beaufort. Dans une déclaration à l’AFP, il a souligné : "Des bombardements se sont abattus à proximité des ruines de Tyr, un site classé au patrimoine mondial de l'humanité".
Vestiges de l'époque romaine en péril
Les récentes images diffusées par l'AFP témoignent du désastre, avec une boule de feu suivie d'un épais nuage de fumée émanant de la zone archéologique. La région autour du château de Beaufort, où se concentre actuellement la lutte pour le contrôle de localités, a également été frappée. "Nous avons observé de la fumée près du château après des tirs d'artillerie", a rapporté un correspondant de l'agence. Ce château, qui fut utilisé comme base militaire pendant l'occupation israélienne du sud du Liban, est maintenant une cible de bombardement.
Pour aggraver la situation, le site plurireligieux de Chamaa, situé à proximité de Tyr, a subi de lourdes attaques, perdant au moins trois de ses quatre dômes. Les équipes du ministère de la Culture n'ont malheureusement pas accès à la plupart des sites en raison de l'intensité des combats.
Appel à l'Unesco et mesures de protection
Ghassan Salamé a exhorté l'Unesco à "nommer un commissaire spécial" pour évaluer les dommages causés aux sites historiques. Il a également appelé à la création d'une "commission d'enquête de l'Unesco pour se rendre sur place" une fois qu'un cessez-le-feu sera établi.
En rappelant les efforts passés du Liban pour protéger son patrimoine, Salamé a noté que "79 sites ont été identifiés pour bénéficier d'une protection renforcée de l'Unesco", y compris Tyr et la forteresse de Beaufort, suite à la guerre entre Israël et le Hezbollah en 2023-2024. Cependant, il regrette que l'aviation israélienne semble ignorer ces désignations de protection. L’appel de Salamé se fait donc pressant dans un contexte de violence croissante et de destruction potentielle du patrimoine culturel de la région.







