Selon l'Insee, la France a observé en 2025 un déséquilibre alarmant avec plus de décès que de naissances, marquant ainsi un solde naturel négatif de -6 000 naissances, une première depuis la Seconde Guerre mondiale. Dès janvier 2024, le président Emmanuel Macron a exprimé ses inquiétudes face à cette tendance, évoquant un besoin urgent de réarmement démographique. En janvier 2026, le gouvernement a également initié un plan national de lutte contre l'infertilité.
Dans ce contexte, Anne-Cécile Mailfert publie son essai, opposant une vision différente de la baisse de natalité, qu’elle considère non pas comme une crise, mais comme un reflet des fragilités d’une société en pleine mutation. Elle a approfondi ses réflexions à BFM, où elle souligne que le vocabulaire utilisé par certains leaders politiques véhicule une approche productiviste de la natalité, présentée comme une nécessité pour le système économique.
Elle rappelle que ce phénomène n’est pas nouveau. Les angoisses démographiques cycliques reviennent régulièrement, évoquant les lois des années 1920 qui prenaient des mesures strictes contre l'avortement. Elle cite aussi Susan Faludi qui a analysé le retour en force de messages anti-féministes suite aux mouvements de libération des femmes des années 80.
Elle fait également un lien entre cette panique et le mouvement #MeToo, observant que le retour de discours anti-féministes et traditionnalistes répond à des peurs identitaires et sociétales.
Mailfert évoque même une forme d'eugénisme moderne, alimentée par des idéologies technologiques, qui vont jusqu'à imaginer des méthodes de reproduction sans femmes. En effet, la question qu’elle pose dans son livre est : « Quel type d'humanité voulons-nous aujourd'hui ? » Elle plaide pour une vision où les conditions de vie et le bien-être des enfants sont au cœur des débats.
Pour elle, la baisse de natalité n'est pas la fin d'un cycle, mais un symptôme d'une société qui ne parvient pas à préserver la qualité de vie. Renverser cette tendance nécessite onze transformations dans nos pratiques sociales et économiques pour véritablement accueillir la vie.







