Ces deux étudiants ont été convoqués en conseil de discipline suite à des affiches collées en faveur de la Palestine. L'un a reçu un avertissement et l'autre un blâme.
Mercredi dernier, des étudiants des Beaux-Arts de Paris ont été sanctionnés pour des actions considérées comme une dégradation de biens patrimoniaux communs. Selon leur avocate, Me Prisca Ancion, ces sanctions, bien que mineures, reflètent une volonté de faire des exemples dans un contexte de mobilisation collective parmi les étudiants.
Les étudiants concernés ont expliqué que leur acte de collages d'affiches venait en réponse à la peinture d'un drapeau palestinien sur des escaliers de l'établissement, une peinture qui a été rapidement effacée. Malgré leurs explications, la direction de l'école a affirmé que ces actes avaient eu lieu sans autorisation, justifiant ainsi leur décision disciplinaire.
« On revendique notre liberté d’expression »
Un des étudiants, Raphaël, a souligné que leur démarche visait à exprimer une forme de liberté d’expression, en accord avec leur milieu artistique. Des passages humoristiques ciblant la direction ont également été utilisés dans leurs affiches, témoignant d'un désir d'interroger les normes établies.
En soutien, près de cinquante autres étudiants se sont mobilisés devant l'école, brandissant des drapeaux palestiniens et scandant des slogans tels que « soutenir la Palestine n’est pas un crime ».
Bien que la direction de l’école ait précisé que la décision d’effacer le drapeau n'était pas liée à son contenu politique, mais à des considérations patrimoniales—l'escalier étant reconnu comme un monument historique—cependant, cela soulève des questions sur la liberté d'expression dans un contexte académique.
L'État de Palestine reconnu par la France
Il convient de rappeler que la France a reconnu l'État palestinien, ce qui rend les décisions de l'école encore plus contestables selon l’avocate des étudiants. La reconnaissance officielle a eu lieu en septembre 2023, à la suite de conflits exacerbés dans la région de Gaza.
Cette situation souligne une tension persistante entre expression artistique et cadre institutionnel dans des chantiers comme celui des Beaux-Arts, où les voix des étudiants cherchent à se faire entendre malgré les obstacles.







