Les candidats aux municipales 2026 misent sur leur nom plutôt que sur leur parti

À Reims, l'absence d'étiquettes politiques devient la norme pour séduire les électeurs.
Les candidats aux municipales 2026 misent sur leur nom plutôt que sur leur parti
Sur les affiches et programmes des candidats pour les municipales, les logos ou les mentions de partis politiques ont très souvent disparu. © Crédit photo : AFP
À Reims, comme dans de nombreuses villes françaises, les candidats aux élections municipales de 2026 choisissent de mettre en avant leur personnalité plutôt que leur affiliation politique, reléguant parfois l'étiquette au second plan.

Arnaud Robinet, le maire sortant en lice pour sa réélection à Reims, illustre bien cette tendance. Sur ses affiches de campagne, il arbore un sourire et un costume impeccables, mais étonnamment, le logo de son parti est absent.

Bien que Robinet soit le secrétaire national de Horizons et qu'il bénéficie du soutien des partis de droite et du centre, il a décidé de ne pas les mentionner dans sa campagne. "Les Français en ont assez des partis politiques", déclare-t-il, soulignant que l'étiquette importe peu pour cette élection locale.

Une stratégie centrée sur la notoriété personnelle

Sa campagne se concentre donc sur sa propre image. Lors d'une réunion avec son équipe, ses colistiers arboraient des casquettes à son prénom, créant ainsi un concept qu'ils ont nommé "Robinet Spirit", selon son directeur de campagne, le député Xavier Albertini. Ce dernier précise que cette approche est efficace avec une notoriété locale bien établie, comme c'est le cas pour un maire sortant.

Lors de son premier mandat en 2014, Robinet avait misé sur le soutien des partis. "La situation était différente à l'époque", se souvient-il, ajoutant que les clivages politiques étaient beaucoup plus marqués. Selim Sodandji, jeune trentenaire, approuve cette nouvelle méthode, affirmant que les jeunes s'identifient moins aux partis que les générations précédentes. À l'inverse, Lucette Tual, 75 ans, trouve que cette stratégie est "habile mais un peu hypocrite", appelant à une plus grande transparence sur les idées politiques.

Anne-Sophie Frigout, candidate du Rassemblement national, critique Robinet pour cacher ses soutiens. Elle, qui est moins connue à Reims, cherche à afficher clairement son étiquette pour capter les électeurs désireux de voter pour le RN.

La défiance envers les partis politiques

Selon le politologue Rémi Lefebvre, cette stratégie d'éloignement des partis n'est pas nouvelle, mais elle est accentuée par la méfiance croissante envers ces structures. "Se positionner comme un rassembleur et mettre en avant son ancrage local est plus porteur aujourd'hui", analyse-t-il.

Beaucoup de candidats adoptent une approche semblable à celle de Robinet, en reléguant leur affiliation politique au second plan. À Lille, par exemple, Violette Spillebout tente de minimiser son étiquette de Renaissance pour séduire un électorat plus large.

Un phénomène presque généralisé

À Cagnes-sur-Mer, une campagne affichait le slogan "coucou le RN, on cache son logo ?", soulignant les tensions autour de l'affichage politique. La stratégie du Rassemblement national, selon Lefebvre, doit jongler entre la nécessité d'afficher clairement son identité tout en évitant d'être catalogué.

À l'opposé, La France Insoumise privilégie une approche politique de marque. Ses candidats se présentent avec une forte visibilité, soutenus par leur leader Jean-Luc Mélenchon, qui parcourt le pays pour galvaniser ses troupes en vue de l'échéance présidentielle de 2027.

Lire aussi

Un remaniement gouvernemental imminent : Lecornu annonce des changements d'ici le 22 février
Le Premier ministre confirme un réajustement de son gouvernement avant le 22 février. De nouveaux ministres et candidatures aux municipales influencent cette décision.
03h03
Jordan Bardella : un regard sur les municipales et le soutien indéfectible à Marine Le Pen
Jordan Bardella évoque les municipales et son soutien inébranlable à Marine Le Pen lors d'une interview sur BFMTV. Découvrez ses positions sur Jack Lang, la situation politique et bien plus.
01h39
Vers une réforme électorale : des acteurs majeurs plaident pour la proportionnelle avant 2027
Plusieurs personnalités politiques et intellectuels demandent l'introduction d'un scrutin proportionnel aux législatives avant 2027, pour revitaliser la démocratie en France.
7 févr.
Jack Lang sous le feu des critiques : la culture face à son passé troublé
Découvrez l'histoire complexe de Jack Lang, figure emblématique de la culture française, impliqué dans une controverse suscitant des appels à démission après des révélations troublantes concernant ses liens avec Jeffrey Epstein.
7 févr.
Les candidats aux municipales 2026 misent sur leur nom plutôt que sur leur parti
Découvrez comment les candidats aux municipales 2026 privilégient leur notoriété locale au détriment de leur étiquette politique, notamment à Reims.
7 févr.
Des débats captivants pour les municipales 2026 sur BFMTV
BFMTV organise des débats pour les municipales 2026 dans quatre grandes villes. Découvrez les enjeux et les candidats qui s’affronteront lors de ces discussions cruciales.
7 févr.