Christel Sire-Coupet, directrice du laboratoire de police scientifique de Paris, dévoile l'importance de la criminalistique française dans la résolution des affaires criminelles. Elle rappelle que, même si la science joue un rôle crucial, elle ne remplace en rien le travail des enquêteurs sur le terrain.
Originaire de Perpignan, cette biologiste a rejoint les rangs de la police scientifique en 2003, obtenant un poste qu'elle qualifie de "profil recherché". Avec une carrière jalonnée de mouvements entre Marseille et Paris, elle a été nommée à la tête du laboratoire parisien dès février 2023, qui fait partie des cinq grands centres du pays.
La police scientifique française a ses racines dans le travail de pionniers tels qu'Alphonse Bertillon, qui en 1879 a créé un système d'identification basé sur des mesures anthropométriques, ainsi qu'Alexandre Lacassagne et Edmond Locard, qui a ouvert le premier laboratoire criminel au monde en 1910 à Lyon. Selon Sire-Coupet, ces innovations ont eu un impact mondial, fournissant aux enquêteurs des outils précieux.
"Un criminel laisse toujours une trace", rappelle-t-elle, faisant référence au principe d’Edmond Locard. La police scientifique est constamment mise au défi d’actualiser ses techniques, surtout face aux évolutions technologiques comme les armes imprimées en 3D.
Elle évoque également la prudence à avoir concernant les analyses ADN, essentielles mais pas infaillibles. L'ADN peut parfois induire en erreur si mal interprété. "Nous devons savoir que sa présence ne signifie pas nécessairement culpabilité", avertit-elle.
Le combat entre criminels et autorités est mutuel. La criminalité évolue, utilisant des avancées scientifiques à son avantage, ce qui force la police scientifique à être toujours un pas en avant. "Nous devons chercher la faille", insiste Sire-Coupet.
Avec l’émergence de l’intelligence artificielle, la police scientifique se dote d’outils facilitant l’analyse des données, mais ces technologies ne remplacent pas l'expertise humaine. Chaque enquête reste un mélange d'analyses scientifiques rigoureuses et d'intuition pertinente des enquêteurs.
Face à des cas non élucidés, comme ceux gérés par les "pôles cold cases", Sire-Coupet souligne l'importance de conserver les preuves pour d'éventuelles avancées scientifiques futures. "Ce qui n’est pas résolu aujourd’hui peut l’être dans quelques années", conclut-elle. Cette vision proactive et optimiste est au cœur de son approche vis-à-vis de ce métier passionnant mais exigeant.
Le crime parfait n'existe pas, de Christel Sire-Coupet, éditions Le Rocher, 256 pages, 19,90 €.







