Une récente enquête de L’Incorrect met en lumière une situation troublante concernant l’association SOS Racisme. Selon cette étude, l’organisation n’aurait pas rendu publics ses comptes depuis 2010, malgré le fait qu’elle bénéficie de subventions importantes et de dons déductibles fiscalement.
Des comptes absents depuis 2009
Les derniers chiffres accessibles remontent à l’exercice 2009, où SOS Racisme avait reçu 579 000 euros de subventions, représentant 64% de ses revenus. En parallèle, les adhésions n'avaient rapporté que 18 669 euros, soit environ 2% de ses recettes totales. Au total, l’association disposait alors de 904 596 euros, une situation qui ne prend pas en compte les aides potentielles pour ses sections locales, selon des déclarations à l’Assemblée nationale.
L’Incorrect souligne que les dépenses de fonctionnement, notamment les salaires, représentaient près de 53% des charges d’exploitation de SOS Racisme, laissant présager une utilisation intense de ses ressources, avec même des capitaux propres négatifs à cette époque.
Des financements publics toujours en cours
Malgré cette pénurie d’informations financières, SOS Racisme continue de bénéficier d’un soutien public significatif. En 2011, elle aurait reçu 350 591 euros de divers ministères. Plus récemment, en juillet 2022, l’État a renouvelé son engagement envers l’association par la signature d’une convention pluriannuelle prévoyant une aide annuelle de 230 000 euros pour ses initiatives contre le racisme et l’antisémisme.
En outre, SOS Racisme encourage le public à faire des dons via la plateforme HelloAsso, où les contributions donnent droit à des réductions fiscales aux donateurs, solidifiant ainsi une base de soutien financier.
La loi du 24 août 2021 impose désormais aux organisations émettant des reçus fiscaux de rendre compte de leurs dons à l'administration fiscale chaque année. Ce cadre réglementaire vise à accroître la transparence, bien qu'il ne garantisse pas nécessairement la publication des informations.
Cette enquête ne démontre pas directement une irrégularité fiscale dans la délivrance de reçus, mais elle soulève une question cruciale : comment une association recevant des fonds publics peut-elle ne pas rendre ses comptes accessibles durant une si longue période ?
Enfin, cette problématique du manque de transparence ne s’arrête pas à SOS Racisme. Elle interroge le contrôle exercé par l’État. Lorsque les subventions dépassent certains seuils, la publication des comptes devient essentielle pour garantir un contrôle public sur l’utilisation des deniers publics et des dépenses fiscales.







