Un rapport récent de l’Observatoire de l’inclusion bancaire (OIB) met en lumière une tendance alarmante : la proportion de jeunes âgés de 18 à 29 ans parmi les dossiers de surendettement a atteint 15% au premier trimestre 2026, marquant ainsi une augmentation inquiétante.
Comparée aux 12% enregistrés en 2025 et aux 5% de 2022, cette hausse nécessite une attention particulière, selon l'observatoire présidé par le gouverneur de la Banque de France. Dans son rapport, il souligne que cette tendance est préoccupante, indiquant que les jeunes représentent un groupe de vulnérabilité croissante face aux difficultés économiques.
Lors de la présentation de ces chiffres, un représentant de l'OIB a affirmé : "La situation des jeunes face au surendettement est un point crucial qui mérite notre vigilance, surtout dans un contexte économique instable." En 2025, environ 150 000 dossiers de surendettement avaient été déposés, affichant une progression de 9,8% par rapport à 2024, bien que cette tendance demeure inférieure aux niveaux de 2015. La propagation des minicrédit et des paiements fractionnés est largement responsable de ce phénomène. Ces formes de crédit, souvent offertes par des acteurs non-bancaires, pourraient devenir problématiques pour les jeunes adultes qui recherchent des solutions financières rapides.
Emmanuel Moulin, gouverneur de la Banque de France, a exprimé son souhait de voir des régulations plus renforcées encadrant ces pratiques. "Une meilleure régulation de ces crédits est indispensable pour préserver l’intégrité financière des jeunes," a-t-il déclaré récemment.
Un contexte économique difficile
Les difficultés sur le marché de l'emploi ainsi que l'accès au logement compliquent davantage la situation des jeunes. Lors d'une conférence de presse, les experts de l'OIB ont déclaré : "C'est un cercle vicieux alimenté par l'inflation persistante, rendant l'entrée sur le marché du travail encore plus difficile pour nos jeunes. "
Les banques semblent toutefois répondre à cet enjeu, ayant identifié fin 2025 près de 4,8 millions de clients en situation de fragilité financière, un chiffre en hausse de 5,1% par rapport à l'année précédente. La Fédération bancaire française a salué cette initiative, affirmant que "l’identification précoce des clients présentant des risques est essentielle pour favoriser une inclusion bancaire réussie".
Dans ce contexte, des mesures plus strictes et une surveillance accrue des pratiques de crédit s’avèrent plus nécessaires que jamais, pour protéger les jeunes de l’engrenage du surendettement.







