Le principal suspect du meurtre de l'étudiante de 19 ans, Philippine, dans le bois de Boulogne en septembre 2024, sera extrait de sa cellule le lundi 29 juin pour une reconstitution sur les lieux des faits. Déjà condamné pour viol en 2021, le Marocain, qui avait alors 22 ans, n’a jusqu’ici fourni aucune explication, bien qu'il reconnaisse son acte.
Le meurtrier présumé, Taha O., doit ainsi être amené sur les lieux du crime pour tenter de retracer le fil des événements. Selon des informations de RTL, confirmées par des sources proches de l’enquête, cette reconstitution pourrait être décisive pour élucider son comportement lors de ce crime particulièrement choquant.
Cet homme de 24 ans n’a pas fourni d’explications concernant les circonstances de son acte durant ses interrogatoires. Bien qu'il ait reconnu avoir étranglé l'étudiante, il semble faire preuve d’amnésie sur les détails de l'agression. Les enquêteurs restent perplexes face au fait qu'un individu avec un tel passé criminel ait pu agir de la sorte.
Que s'est-il passé dans le bois de Boulogne ?
L'autopsie a révélé des indices troublants concernant les circonstances de la mort de Philippine, étudiante à l'Université Paris-Dauphine. En rentrant chez elle, elle a été étranglée puis traînée dans les ronces, avant d'être ensevelie dans le bois. Les vêtements retrouvés sur elle laissaient présager qu’une lutte avait eu lieu, bien que les analyses n’aient pas mis en évidence de preuves formelles de viol, la scène demeure suspecte pour la Brigade criminelle.
La reconstitution se déroulera le 29 juin à partir de 14 heures, sous l'œil attentif de la juge d'instruction, des avocats et potentiellement des proches de la victime. À 13h40, Philippine avait envoyé un dernier message sur WhatsApp, alors qu'elle se trouvait déjà dans une zone isolée du bois. Les données téléphoniques ont permis de localiser Taha O., présent sur le site depuis tôt le matin, alimentant ainsi les soupçons sur son implication directe.
Sortir le suspect du déni de mémoire
L'objectif de cette reconstitution est de percer le mystère concernant les raisons qui ont poussé Taha O. à commettre ses actes. Les enquêteurs espèrent qu'il puisse briser ce silence et sortir de son prétendu déni de mémoire. Un expert psychiatre a déjà conclu à une "amnésie factice" de sa part, soulignant la "dangerosité extrême" et un risque élevé de récidive.
La mère de Philippine, très affectée, a exprimé sa colère concernant le comportement du suspect, qualifiant son attitude d’intolérable. Elle a exigé des réponses, se demandant si elle découvrirait un jour la vérité sur ce qui est arrivé à sa fille.
Le corps de Philippine a été découvert le lendemain de sa disparition par sa famille, qui avait lancé des recherches désespérées. Bien qu'un rapport de disparition ait été déposé, il n'a pas déclenché rapidement une réponse des autorités, ce qui a soulevé des questions sur le traitement des disparitions de femmes majeures.
Taha O. avait déjà été condamné à cinq ans de prison pour une agression de ce type. Sa libération récente, alors qu'il n'avait pas été correctement suivi après sa sortie, jette un jour nouveau sur des dysfonctionnements au sein du système judiciaire français.







