Maâti Monjib : un intellectuel coincé entre murs invisibles et silences d'État

Un entretien avec Maâti Monjib, symbole de la résistance contre l'injustice au Maroc.
Maâti Monjib : un intellectuel coincé entre murs invisibles et silences d'État

Condamné en 2021 pour atteinte à la sécurité de l'État et gracié en 2024, Maâti Monjib reste bloqué au Maroc, victime d'une interdiction de voyage sans explication. Le site Enass évoque sa dernière tentative frustrée de quitter le pays, soulignant une situation à la fois kafkaïenne et orwellienne.

Professor et historien reconnu, Maâti Monjib est un fervent défenseur des droits de l'homme. Cependant, depuis trois ans, il subit une entrave à son droit à la libre circulation. Lors d'une tentative de voyage le 4 juin 2026 à l'aéroport de Rabat-Salé, il se retrouve à la merci d'une bureaucratie aveugle, où l'absence d'explications officielles pèse lourdement sur son esprit.

Un cadre de répression invisible

Prisonnier de cette situation, il déclare : “Je vis une situation intenable. Bien que j’aie bénéficié d’une grâce royale en juillet 2024, mes droits demeurent confisqués.” Les restrictions ne s'arrêtent pas à un simple refus de voyage : suspension de son poste d’université, de sa pension, et blocage de ses comptes bancaires font partie de l'arsenal répressif qui le vise.

Au moment de son contrôle à l’aéroport, un agent lui indique que “l’ordinateur n’affichait pas son nom”. Face à son insistance pour obtenir des éclaircissements, il ne reçoit que le vide d'une bureaucratie muette. “Je fais face à une nouvelle violation de mon droit fondamental de voyager,” s'impatiente Monjib.

Des soutiens mobilisés

À cette même heure, un groupe de proches et de sympathisants se retrouve à l'aéroport, espérant des nouvelles positives de leur ami. Parmi eux, des avocats, des enseignants et des militants, unis dans leur soutien. “Nous sommes ici pour soutenir Monjib et revendiquer notre droit à la liberté.” s'insurge l'un des participants.

Les tensions augmentent lorsque Monjib, déterminé, organise un sit-in afin de dénoncer ce traitement. “Ils veulent me faire taire, mais je ne reculerai jamais face à l’arbitraire,” clame-t-il, brandissant une pancarte.

Une faille dans le système juridique

Des défenseurs comme Souad Brahma, présidente de l'Association marocaine des droits humains, soulignent la gravité de la situation : “C'est une atteinte aux droits humains, une violation des normes constitutionnelles du Maroc.”

Me Mohamed Nouini, autre membre du Comité, déclare : “Monjib est clairement ciblé par les autorités, et cet état de fait ne peut plus durer.”

Identité et espoir

Maâti Monjib, dont l'œuvre académique sur l'histoire politique marocaine est reconnue, se bat non seulement pour sa propre liberté mais également pour celle de tous ceux qui subissent des injustices au Maroc. “Je dénonce le non-respect de la grâce royale, et j’exige des explications.”

Alors que la mobilisation des défenseurs des droits humains se poursuit, l'avenir de Monjib reste incertain mais son combat, lui, reste intact. “Mon histoire est aussi celle de tous ceux qui luttent contre l'oppression,” conclut-il avec résilience.

Lire aussi

Maâti Monjib : un intellectuel coincé entre murs invisibles et silences d'État
Découvrez le récit poignant de Maâti Monjib, militant des droits humains, toujours entravé par l'État marocain malgré sa grâce royale.
11h48
Le duel politique : Prisca Thevenot et Marine Le Pen face aux enjeux de la justice
Dimanche en politique accueille Prisca Thevenot et Marine Le Pen pour aborder les défis judiciaires en France. Analyse des failles et des propositions des partis.
11 juin
Sondage : la confiance des Français en la justice se fissure, mais Darmanin reste en poste
Découvrez la perception des Français sur la justice et le maintien de Gérald Darmanin en poste après l'affaire Lyhanna. Un sondage révèle des opinions contrastées selon les sensibilités politiques.
11 juin
Céline Thiébault-Martinez appelle à une loi intégrale contre les violences sexuelles
Céline Thiébault-Martinez évoque la nécessité d'une loi intégrale pour lutter contre les violences sexuelles. Les statistiques alarmantes et le débat parlementaire en cours soulignent l'urgence d'une réforme structurelle.
11 juin
L'avenir du centre équestre de Royan : un nouveau groupe de travail se met en route
Le centre équestre du Maine Gaudin à Royan face à un avenir incertain, avec un groupe de travail à l'écoute des options.
11 juin
Bardella demande la démission de Darmanin après le drame de Lyhanna
Jordan Bardella estime que Gérald Darmanin aurait dû démissionner après la tragédie de Lyhanna. Des critiques se multiplient sur l'Etat et ses défaillances.
11 juin