Une femme de quatre enfants est accusée d'avoir illégalement orchestré de nombreuses parties de loto en ligne entre 2020 et 2025. L'affaire est maintenant entre les mains du tribunal de Saumur, qui a ouvert une enquête le 11 juin dernier.
Cette activité, qui a vu le jour durant le confinement, lui aurait permis de récolter jusqu’à 7 800 euros par mois, comme le rapportent nos confrères de Ouest-France. Le tribunal correctionnel de Saumur a requis huit mois de prison avec sursis et la confiscation de ses biens, tandis que son avocat plaide pour son acquittement.
Devant les juges, cette quadragénaire, ébranlée, a partagé son expérience. Pendant la crise sanitaire, elle a digitalisé les lotos traditionnels de sa mère en organisant des soirées sur Zoom trois fois par semaine, rassemblant jusqu'à 400 participants à travers la France.
À l'aide d'un logiciel spécialement conçu, elle a géré la vente de billets, tout en reversant une partie des gains pour des cartes-cadeaux. Au total, son activité aurait généré un bénéfice d’environ 300 000 euros en cinq ans.
Une limite dépassée
Pour les autorités, la mère de famille a franchi une limite en devenant la véritable organisatrice d'un réseau national de jeux de hasard. Cette pratique, très réglementée, soulève des questions sur la légalité de ses actions. De leur côté, les avocats de la défense contestent l'application d'une législation datant de 1936, qui régule ce type de jeux. Selon l'article L322-3, les lotos devraient se limiter à des mises inférieures à 20 euros et ne pas impliquer d'argent remboursable, mais uniquement des bons d'achat.
L'avocat soutient que sa cliente n'était qu'une prestataire et que l'événement, par sa nature restreinte sur Zoom, respectait les termes légaux. Le jugement sera rendu le 31 juillet 2026.







