Jacques, un boulanger à la retraite de 72 ans, se trouve plongé dans un véritable cauchemar alors qu'il reçoit depuis 2021 des amendes en provenance d'Italie, sans jamais avoir mis les pieds dans ce pays. Victime d'une usurpation de plaques d'immatriculation, cet habitant de Rosières-en-Santerre vit dans la peur d'être arrêté à chaque fois qu'il pense à se rendre en Italie. « Quand je n’arrive pas à dormir, je ressasse cette situation », confie-t-il au Courrier Picard.
L'histoire a débuté en juillet 2021, lors de l'achat d'une Jeep orange à Amiens, où il a reçu des plaques provisoires. Cinq mois plus tard, Jacques a commencé à recevoir des amendes pour des infractions qu'il n'avait pas commises : péages impayés et stationnements interdits. Problème, toutes ces infractions ont eu lieu avant qu'il ne soit propriétaire de la Jeep et concernent une Audi noire.
Une peur constante d'être arrêté
Malgré le fait que la justice française ait reconnu en décembre 2022 que Jacques était victime d'une usurpation, les autorités italiennes continuent de le poursuivre. « Même après avoir reçu mes plaques définitives, j'ai continué à recevoir des contraventions, certaines plusieurs par jour », explique-t-il, visiblement accablé. Les relances de l'État italien ne font qu'amplifier son angoisse. « Ma dernière mise en demeure date de mars 2026, et je ne peux plus porter plainte à nouveau », ajoute-t-il.
En 2023, Jacques a tenté de résoudre ce problème en se rendant à une société de recouvrement mandatée par l'État italien, où on lui a promis une solution, mais elle reste insaisissable. Toujours en lutte pour se défendre, il contacte différentes organisations sans succès, vivant dans la crainte de voir son compte bancaire saisi, ce qui le mettrait en difficulté pour payer son loyer. « J'ai peur d'être bloqué financièrement alors que je suis de bonne foi et que je ne comprends pas ce qui m'arrive », déclare-t-il.
La situation est sérieuse, car Jacques vient de recevoir une convocation d'un tribunal italien. « J'ai la crainte d'être arrêté si je me rends en Italie, j’ai peur d’aller en prison », conclut-il, déterminé à se battre pour obtenir justice. Il a récemment envoyé une lettre au procureur d'Amiens pour tenter de mettre un terme à ce combat insensé.







