À la suite de la mort tragique de Lyhanna, des voix se sont élevées pour réclamer une loi d'envergure contre les violences sexuelles touchant les femmes et les enfants. "Toutes les trois minutes, un enfant subit des violences sexuelles. Une femme sur deux a été victime de telles agressions au cours de sa vie. Et seulement 1% des cas de viol et d'inceste aboutissent à des condamnations", a déclaré la députée socialiste Céline Thiébault-Martinez lors d'une conférence ce lundi 8 juin 2026.
Pour l'élue de Seine-et-Marne, la réaction des autorités est « morcelée, lente et insuffisante » face à ce fléau. La proposition de loi qu'elle porte ambitionne de refonder la lutte contre les violences sexuelles, en mettant en avant une approche globale. Dans ce cadre, le podcast Quid Juris invite Céline Thiébault-Martinez à discuter des réformes nécessaires.
Un constat alarmant
Les statistiques sont accablantes : chaque année, 160.000 enfants sont victimes d'inceste, de viol ou d'agression sexuelle en France. Thiébault-Martinez souligne que cette situation requiert une réponse à la hauteur du problème. Elle affirme que l'essentiel des auteurs de ces crimes sont des hommes, et que la société peine à condamner ces actes. « Nous n'arrivons pas à condamner ni à juger ces affaires », constate-t-elle.
L'inaction face aux plaintes
Le ministre Gérald Darmanin souhaite réexaminer les 70.000 plaintes en cours concernant les mineurs victimes de délits ou crimes sexuels, un signe du blocage du système judiciaire actuel. "Que se passera-t-il si une partie de ces plaintes s'avère fondée? Le constat sera-t-il suffisant pour obtenir des actions concrètes?" s'interroge l'élue.
Une loi intégrale pour un changement radical
La notion de "loi intégrale" provient d'une coalition d'associations féministes et d'enfance, qui a formulé 140 propositions. Céline Thiébault-Martinez souhaite une approche qui inclut divers aspects des violences sexuelles, réglementaires ou pratiqués, touchant à la santé, à l'obstétrique, au milieu du travail, etc.
Des juridictions spécialisées
Thiébault-Martinez propose également l'établissement de juridictions spécialisées traitant les affaires de violences sexuelles et sexistes. L'objectif est de former des juges sur ces sujets afin d'améliorer le traitement judiciaire des victimes. « Il faut qu'à chaque étape, les acteurs soient parfaitement formés au type de violences dont ils traitent », indique-t-elle.
L'impulsion politique nécessaire
Ce projet est soutenu par onze groupes parlementaires, mais l'extrême droite refuse de s'associer à cette initiative. « Ils ne sont pas des alliés pour la protection des femmes et des enfants », affirme la députée.
Elle rêve aussi de lieux d'accueil sécurisés pour les victimes, permettant de les protéger durant le nécessaire processus judiciaire. Actuellement, près de 85% des affaires sont classées sans suite. La proposition de loi inclut également des mesures de contrôle sur les suspects, initiatives qui pourraient faciliter l'avancement des enquêtes et améliorer la sécurité des victimes.
Un soutien populaire fort
L'afflux de soutien citoyen, manifesté par des rassemblements à travers les villes pour demander cette loi, montre l'urgence de la situation. « C'est plus qu'un espoir, nous avons le devoir de faire passer cette loi pour protéger les plus vulnérables », conclut-elle.
En somme, la députée appelle à une prise de conscience collective et politique pour surmonter les dysfonctionnements du système judiciaire et offrir une protection réelle à celles et ceux qui en ont besoin, car chaque vie compte.







