À la tête de l'association des maires de Haute-Corse, Don-Marc Albertini a récemment partagé son avis sur l'assouplissement de la loi Montagne, adopté par l'Assemblée nationale mi-mai. Invité de l'émission PuliticaMente, il a exprimé son soutien à l'autonomie de la Corse et a mis en lumière les spécificités de son territoire.
"Une maison en montagne, ça vaut mille maisons en bord de mer", a-t-il souligné, expliquant que dans sa commune, Ghisoni, qui compte environ 250 habitants, un seul permis de construire est accordé en moyenne par an. Dans certaines petites communes rurales, il peut ne pas y avoir de nouvelles constructions pendant cinq à dix ans. Albertini est serein face aux craintes de spéculation. "On n'est pas dans une logique de bord de mer, là où la spéculation fait rage", a-t-il déclaré, ajoutant que la situation était bien différente en montagne.
Un équilibre entre développement et préservation
L'édile insiste sur l'importance d'une urbanisation réfléchie : "On peut continuer à développer les villages, tout en préservant leur âme". Il évoque les dangereux exemples de la spéculation sur le littoral, précisant que, grâce à de nombreux systèmes de protection, chaque permis délivré correspond à une volonté d'esthétique. Il a également mentionné un amendement déposé par le député LR François-Xavier Ceccoli, qui permet aux communes rurales sans document d'urbanisme de délivrer des permis de construire jusqu'en 2032, ajoutant ainsi un sursis de cinq ans.
Alors que l’Assemblée nationale se prépare à examiner le projet d’autonomie de la Corse, Albertini confie son optimisme et celui de nombreux maires pour cette évolution institutionnelle. "Une loi nationale ne convient pas toujours à nos besoins locaux," dit-il, appelant à la vigilance contre un centralisme potentiellement nuisible, qu'il s'agisse de Paris ou d'Ajaccio.
Il conclut sur une note optimiste : "Il faut que les communes conservent les compétences nécessaires pour s’épanouir au sein de leur propre cadre." Les défis pour les maires corses restent nombreux, mais l'écho des préoccupations de leurs administrés trouve enfin une voix au sein des institutions.







