Le tribunal judiciaire de Périgueux aborde ce mardi et mercredi une affaire de trafic de stupéfiants impliquant huit jeunes mis en cause. Bien que la majorité d'entre eux réfute les accusations, certains ont avoué avoir participé à un commerce illégal via les réseaux sociaux.
Cette affaire illustre bien la transition vers un trafic de drogue 2.0, selon les experts interrogés par France Bleu. Les enquêteurs ont suivi un an de filatures et ont saisi près de deux kilos de cocaïne et de cannabis entre 2025 et 2026. Les jeunes, âgés de 18 à 20 ans, se retrouvent au tribunal pour répondre de leurs actes liés à la consommation et au trafic de substances illicites.
Drogues, cuillères, balances, couteaux...
Le président du tribunal a relaté les déplacements des suspects entre différents logements à Périgueux et ses environs. Bien qu'un des jeunes ait convenu de leur présence pour rencontrer des "filles de joie", la police a découvert des preuves palpables de trafic : drogues, outils de conditionnement comme des cuillères et balances. Ces éléments soulèvent des inquiétudes parmi les spécialistes de la lutte contre les stupéfiants.
L'un des suspects a reconnu sa participation, mais par crainte de vengeance, il a refusé de donner des noms. Cet avènement de la peur est tel qu'il a même déclaré avoir sciemment abîmé son téléphone lors de son interpellation, le trempant dans de la pâte à tartiner pour empêcher son identification par les forces de l'ordre.
"Picsou" et ses 60 clients
Un autre prévenu, dont le nom revient fréquemment dans le dossier, a admis vendre du cannabis en utilisant des applications de messagerie chiffrée, comme Telegram, et son compte Snapchat. Son profil présente une image de "Picsou", véritable symbole de ses affaires. Il y affiche ses produits, des offres promotionnelles, et maintient une liste de clients avec des rappels de paiements. Son méthodologie de vente soulève des préoccupations. Ce jeune homme souligne que c'est un "marketing" nécessaire dans leur milieu compétitif.
Ce processus judiciaire met en lumière une nouvelle génération de dealers qui utilisent des plates-formes numériques et des tactiques inattendues pour rester dans l’ombre, un phénomène qui semble se généraliser en France.







