Le Rassemblement national (RN) peine toujours à trouver une banque française prête à lui avancer les fonds nécessaires à sa campagne électorale. Daniel Baal, président de la Fédération bancaire française, propose que l'État intervienne pour faciliter le financement des candidats en offrant des garanties aux établissements prêteurs.
Lors d'une intervention sur BFM Business, le 4 mai, Baal a souligné l'importance d'une « intervention publique dès le départ » pour débloquer la situation financière des candidats à l'élection présidentielle de 2027.
Il a suggéré que l'État pourrait accorder une « garantie à première demande », permettant aux banques d'obtenir un remboursement rapide en cas de défaut. Alternativement, une avance directe aux candidats pourrait être mise en place, comme l'a noté Baal, qui est également président du Crédit mutuel Alliance fédérale.
Pour Baal, le risque associé à l'octroi de prêts à des candidats à la présidentielle est bien différent de celui des crédits habituels accordés aux ménages ou aux entreprises, en raison des particularités des comptes de campagne.
Jusqu’à 10,7 millions d’euros remboursés
En effet, l'État rembourse une part significative des frais engagés pour les campagnes des candidats dépassant 5 % des voix au premier tour, un seuil largement dépassé par le Rassemblement national lors des élections précédentes. Cependant, ces remboursements sont conditionnés à la validation des comptes de campagne, un processus jugé risqué par les banques, selon Baal.
Il a cité l'exemple de l'annulation des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012, soulignant que personne n'aurait pu prévoir un tel dénouement. Ce type d'inquiétude influe sur la volonté des banques à financer les candidats.
Le RN à la recherche d’un prêt
Alors que les élections approchent, le RN est en quête d'une banque capable de lui avancer les 10,7 millions d'euros, correspondant au montant maximal remboursable par l'État pour les candidats qualifiés au second tour. Cette situation est particulièrement critique pour un parti qui n'a pas la capacité de s'auto-financer, surtout en raison de son endettement important, majoritairement composé de prêts de personnes physiques.
Jordan Bardella, président du parti, a récemment exprimé son désarroi face au refus des banques françaises de lui accorder un prêt, considérant que le risque associé à cette demande est minimal. Les enjeux sont donc cruciaux à l'approche de la présidentielle, et l'intervention de l'État pourrait s'avérer décisive pour financer les démocrates engagés dans cette compétition électorale.







