Le député Charles Alloncle dévoilera un rapport controversé de près de 400 pages, intitulé "Pour sauver l'audiovisuel public", qui a suscité de vives réactions tant en faveur qu'à l'encontre de ses propositions. La publication de ces travaux est prévue ce lundi soir ou mardi matin, après six mois d'enquête par une commission de l'Assemblée nationale, dénonçant la nécessité d'une "neutralité" renforcée dans le financement de l'audiovisuel public.
Adopté à l'issue d'un vote serré (12 voix pour, 10 contre, et 8 abstentions), ce rapport a été soutenu par Jérémie Patrier-Leitus, président de la commission, qui plaide pour que les Français puissent juger des méthodes du secteur. "Il est essentiel d'assurer la transparence sur l'utilisation de l'argent des contribuables", a précisé Alloncle, redoutant la censure de ses recommandations.
La création de cette commission fait suite à l'affaire Legrand-Cohen, où des journalistes du service public ont été accusés de collusion avec le Parti socialiste. Parmi les quelque 80 recommandations, plusieurs ont commencé à circuler dans les médias, révélant une ligne austéritaire : la suppression de chaînes comme France 4 et France TV Slash, et une fusion potentielle entre France 2 et France 5 pour créer une "grande chaîne généraliste". Le député suggère également de revitaliser la présence des jeunes sur des plateformes numériques.
Ces mesures pourraient entraîner des économies de plus d'un milliard d'euros, représentant un quart des financements publics alloués à l'audiovisuel. Les fonds ainsi libérés seraient redirigés vers le désendettement national et l'entretien des biens de l'État. Indiquant un retour à une forme de contrôle plus étroit, Alloncle propose que les dirigeants de France Télévisions et Radio France soient de nouveau nommés par l'Élysée, un point qui a soulevé des critiques, notamment de la part des députés MoDem.
En outre, Alloncle espère que ses recommandations seront examinées sérieusement par les présidents des chaînes publiques, y voyant un moyen d’éviter une privatisation de l’audiovisuel. Cependant, des voix au sein du Rassemblement National, comme celle de Jordan Bardella, prônent une telle privatisation. "Un débat national est urgent", a-t-il insisté lors d'une interview sur BFMTV.
Les opposants à ce rapport, dont le Parti Socialiste et La France Insoumise, fustigent ce qu'ils appellent des "mensonges" et un "pamphlet idéologique". Les critiques vont également sur le ton employé par Alloncle, jugé aggressif et polariseur. "Nous avons entendu des outrances et des attaques personnelles durant les auditions", a réagi Erwan Balanant (MoDem).
Enfin, la ministre de la Culture, Catherine Pégard, rencontrera les présidents de France Télévisions et Radio France pour discuter de l'avenir de l'audiovisuel public, plaidant pour une "accélération des réformes" tout en conservant des ambitions fortes pour le secteur.







