La récente décision du maire d’extrême droite de Liévin, Dany Paiva, d'annuler la cérémonie annuelle rendant hommage aux victimes du coup de grisou de 1974 reflète une profonde ambivalence au sein du Rassemblement national, qui prétend défendre les intérêts des travailleurs tout en méprisant leur histoire et leurs luttes.
Le maire justifie son choix par le fait que l'hommage était devenu un « meeting de syndicats d’extrême gauche » et une « tribune politique ». La sénatrice communiste, Cathy Apourceau-Poly, n'a pas tardé à réagir, affirmant que « C’est une honte absolue pour les mineurs, les ouvriers de nos usines et tant d’autres ». Cette réaction souligne l'importance symbolique de cet hommage pour la mémoire collective et les droits des travailleurs.
Selon un rapport de France Inter, le maire a même envisagé d'interrompre le dépôt de gerbes commémoratives, qu'il a finalement maintenu, mais uniquement « en petit comité » et sans la présence des syndicats. Cette catastrophe minière demeure un symbole fort des luttes contemporaines, tant elle illustre les dangers d'un système axé sur la productivité au détriment de la sécurité au travail.
Dany Paiva, qui a été chargé de la communication à Hénin-Beaumont avant de devenir maire, suit les traces de son mentor, Steeve Briois, qui avait également mis fin aux cérémonies du 1er Mai dans sa commune. Ce dernier a également fait l'objet de critiques pour ses méthodes de gestion, notamment l'usage de pressions et d'intimidations sur des représentants syndicaux, comme l’indique un communiqué d’une fédération syndicale.
« Fête nationale de Jeanne d’Arc et du patriotisme »
Les citoyens de Liévin sont donc encouragés à participer à d'autres cérémonies, notamment celles organisées par la mairie communiste d’Avion, mais se heurteront à des retards de communication dans d'autres communes gérées par le RN, comme Grenay. Pour ces mairies, le 1er Mai semble être ignoré, alors même qu'il est traditionnellement consacré à la défense des droits des travailleurs.
Ce type de décision met en lumière l'hypocrisie d'un RN qui, tout en affichant un discours pro-travailleur, montre une hostilité envers les mouvements sociaux et les syndicats, comme l'indiquent leurs positions récentes sur diverses réformes. Tout ceci fait écho à l'histoire du parti depuis sa création, qui privilégie des événements liés au patriotisme plutôt qu'à la défense des droits sociaux, comme l'a souligné un rassemblement à Mâcon où les syndicalistes prévoient de s'unir pour rappeler que « le RN n’a jamais été et ne sera jamais du côté des travailleurs ».







