Lors du procès qui se déroule à la cour d’appel de Paris, Nicolas Sarkozy a fermement contesté les déclarations de son ancien ministre Claude Guéant. Ce dernier affirmait dans des lettres envoyées à la cour que Mouammar Kadhafi avait abordé le sujet du sort judiciaire d'Abdallah Senoussi lors d'un dîner à Tripoli en 2007, ainsi que le rôle que Sarkozy lui aurait demandé de jouer par rapport à cette affaire.
Mis sous pression par ces accusations, l'ancien président a rejeté toute implication, affirmant qu'il n'avait jamais été informé des interventions de Guéant concernant Senoussi, condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour l’attentat meurtrier de 1989 contre un avion d’UTA.
Dans ses courriers, Guéant avait évoqué un dîner officiel du 25 juillet 2007, juste après la libération des infirmières bulgares, où il aurait été mandaté par Sarkozy pour discuter de la situation de Senoussi avec Kadhafi. Cette version a surpris, car elle modifierait la perception de l'implication de l ancien chef de l’État dans les affaires libyennes.
Une mémoire inégale
Sarkozy a répliqué en affirmant : "Claude, voyez cela", en référence à la supposée demande de Kadhafi, déclarant qu'il n’avait jamais voulu ni donné l'impression de vouloir aider Senoussi. Il a suspendu son jugement sur la véracité des déclarations de Guéant, affirmant que "sa mémoire avait évolué" au fil des ans.
Le débat sur cette époque mouvementée prend une dimension nouvelle, soulignant le fossé entre les interprétations de chaque protagoniste. Selon des experts en politique, la notion de "pacte de corruption" entre Sarkozy et Kadhafi demeure au cœur des inquiétudes de l'accusation. Jean-Claude Beaujour, politologue, souligne que "ce procès pourrait redéfinir les mémoires historiques des événements liés à la Libye".
Enfin, l'ancien président a insisté sur le fait qu'il avait toujours été opposé à toute forme d'amnistie pour Senoussi, tant lors de sa campagne présidentielle que durant les négociations avec les autorités libyennes en 2007, confirmant ainsi son engagement contre la corruption dans son administration.







