L'entreprise Lustucru, spécialisée dans la production de pâtes, fait face à des accusations de négligence après le décès d'un travailleur intérimaire survenu il y a peu. Cette tragédie intervient dans un contexte de condamnations antérieures pour infraction aux normes de sécurité. En effet, l'été dernier, la société avait déjà été reconnue coupable d'une « faute inexcusable » suite à un accident grave survenu en 2018 dans son usine de Saint-Genis-Laval, dans le Rhône.
La victime de cet accident récent, survenu le 17 avril, travaillait sur des lignes de production lorsque le drame a eu lieu. Selon le tribunal de Saint-Étienne, une première électrisation avait déjà blessé un salarié en 2018, causant une incapacité partielle à ce dernier, alors que des fils dénudés avaient été identifiés comme responsables des incidents. Les journalistes du Figaro rapportent que la direction était pleinement consciente de ces dangers.
Le conseil d’avocat Pierre Palix, qui représente à la fois le travailleur blessé et le délégué de la CGT, déclare : « L’immeuble se détériore et plusieurs équipements sont obsolètes, voire dangereux. » Il ajoute que les mesures de sécurité appropriées n'ont pas été mises en œuvre par l'entreprise, qui a été invitée à se défendre sans fournir de preuves substantielles concernant leur conformité aux normes de sécurité.
Pour l’heure, les syndicats dénoncent une culture de mépris vis-à-vis des alertes répétées concernant la sécurité des travailleurs. Damien Ferrier, responsable régional de la CGT-FNAF, affirme : « La direction a ignoré les préoccupations des salariés pendant dix ans. »
La récente enquête doit également déterminer les circonstances entourant la mort tragique de cet intérimaire, qui, selon des témoignages, manquait de formation adéquate et était affecté à un poste dangereux. Un autre intérimaire, condamné en début d'année pour de graves blessures dans une autre usine, épingle également un manque de sécurité systématique dans l'entreprise.
Alors que l'inspection du travail continue son enquête, la direction de Lustucru reste sous pression. Elle a affirmé que la sécurité de son personnel était une priorité, mais refuse de commenter les allégations spécifiques qui l'entourent. L'avenir de cette affaire pourrait poser des questions sérieuses sur la responsabilité des employeurs dans le maintien de conditions de travail sûres.







