Après un retour remarqué à la mairie, Catherine Trautmann, figure emblématique du Parti socialiste, a été élue vendredi présidente de l'Eurométropole de Strasbourg. Cette élection marque la fin de 25 ans d'absence à ce poste, qu'elle avait laissé à d'autres depuis sa dernière présidence de l'hôtel de ville.
L’ancienne ministre de la Culture, soutenue par des élus de droite, a obtenu 80 voix des 107 conseillers de l’Eurométropole lors de cette élection, où elle était la seule candidate. Vingt-sept votes blancs ont été enregistrés, illustrant des hésitations au sein de l’assemblée, selon des sources politiques locales.
Jusqu’à présent, le poste de maire et celui de président de l’intercommunalité étaient séparés, chacun occupé par une personne différente mais généralement en alliance. Cette nouvelle concentration de pouvoirs a suscité des critiques, notamment de l’écologiste Jeanne Barseghian, qui y voit un retour en arrière. L’élu insoumis Florian Kobryn a quant à lui évoqué une personnalisation extrême de la fonction.
Catherine Trautmann a répondu à ces critiques en affirmant son intention de favoriser la cohésion plutôt que de cumuler les pouvoirs. Elle s’est engagée à œuvrer pour une véritable collégialité entre les maires de la région.
La présidence de l'Eurométropole, qui regroupe 33 communes et dispose d'un budget de 1,33 milliard d'euros, est un poste stratégique qui englobe des compétences cruciales comme les transports, les déchets et le logement.
En amont de l’élection, Trautmann a établi un partenariat singulier avec des représentants des Républicains, Thibaud Philipps et Catherine Graef-Eckert, qui occupent désormais des vice-présidences. « Nous venons d'horizons différents, mais notre objectif commun est de travailler ensemble pour le bien des citoyens », a-t-elle déclaré, soulignant son approche « transpartisane ».
Catherine Trautmann, qui a remporté l’élection municipale de mars avec 37 % des voix, avait mené une campagne souvent marquée par des tensions avec l’actuelle maire écologiste. À 75 ans, elle n’en est pas à sa première expérience à la tête de la ville, ayant déjà exercé cette fonction à deux reprises entre 1989 et 2001.
Déterminée et au-dessus des clivages partisans, cette femme politique a su s’imposer par son expérience et un portait axé sur son nom plutôt que sur son étiquette. Sa relation tumultueuse avec Jeanne Barseghian a mis en lumière des différences profondes au sein de la gauche.
Répondant aux accusations de trahison, Trautmann a indiqué : « Je ne suis pas ici pour acter une alliance entre une femme de gauche et des représentants de droite, mais pour construire une alliance qui inclue tous les Strasbourgeois, créant ainsi une synergie entre les habitants de l'Eurométropole ». Elle a également souligné le besoin urgent de rétablir la confiance entre l'administration et les communes, souvent négligées dans les décisions antérieures.







