Ce vendredi, l'Assemblée nationale examine un projet de loi qui suscite de vives réactions au sein de la classe politique. En cas d'adoption, le gouvernement prévoit que cette mesure entre en vigueur dès le mois prochain, en mai 2026.
Ce texte controversé vise à permettre aux salariés de certains commerces, historiquement fermés le 1er mai — un jour associé aux luttes sociales — de travailler. Adoptée par le Sénat l'été dernier, cette proposition est soutenue par les centristes et l'exécutif, mais rencontre une forte opposition des syndicats et des partis de gauche. Examinons les points clés de cette proposition.
Assouplir les règles du travail
Le Code du travail stipule que "le 1er mai est un jour férié et chômé". Toutefois, des exceptions existent pour certains commerces. Actuellement, seuls les artisans comme les boulangers ou les fleuristes peuvent ouvrir, à condition de n'employer que des membres de leur famille. À défaut, les employeurs encourent des amendes pouvant atteindre 1 500 euros par salarié.
La proposition de loi, portée par l'ancien Premier ministre Gabriel Attal, vise à "clarifier" cette règle et à autoriser les travailleurs de certains établissements, tels que les boulangeries et les cinémas, à travailler ce jour-là. Les employés concernés seraient rémunérés double et le refus de travailler ne constituerait pas un motif de licenciement, assure le texte.
Une application immédiate
Les débats, entamés à 9 heures, incluent près d'une centaine d'amendements, avec un vote prévu vers 17h30 selon l'AFP. Si le texte est adopté, son entrée en vigueur est envisagée dès le "prochain 1er mai", a déclaré Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail. Ce dernier a précisé que l'objectif n'était pas de remettre en cause le caractère férié du 1er mai, mais de "sécuriser le cadre existant".
Opposition syndicale forte
Les syndicats s'opposent fermement à cette proposition. Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, a exprimé sur France Inter que le 1er mai représente "une journée emblématique du droit des travailleurs". Elle met en garde contre les conséquences négatives que cela pourrait avoir à l'échelle internationale. "Si la France supprime le 1er mai comme jour chômé, c'est un signal négatif pour tous les travailleurs", a-t-elle déclaré. Même son de cloche du côté de la secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, qui craint que la notion de volontariat ne soit en réalité qu'une façade.
Débat politique animé
Les opinions divergent également au sein de la classe politique. Cyrielle Chatelain, présidente du groupe Écologiste à l'Assemblée, a affirmé que son parti entendait bloquer cette mesure. Selon elle, cette proposition témoigne d'une méconnaissance des "relations de domination" en entreprise. Le Parti socialiste, pour sa part, a initié une contre-pétition pour défendre ce jour férié.
Les partis de droite soutiennent en revanche cette mesure, créant ainsi une dynamique d'appui pour le gouvernement. Selon Les Echos, le Rassemblement national pourrait également apporter son soutien, même si son positionnement sur le sujet reste encore flou.







