Lors de son troisième jour de procès à Nanterre, Patrick Balkany, ancien maire de Levallois-Perret, a surpris par ses interventions souvent provocatrices. L'homme de 77 ans fait face à des accusations de détournement de fonds publics pour avoir utilisé des policiers municipaux comme chauffeurs privés.
"On frôle l’outrage, mieux vaut qu’on s’arrête", a déclaré la juge Céline Ballerini, interrompant ainsi une audience devenue houleuse. L’ancien maire était en désaccord avec l'affaire qui lui était reprochée et a exprimé sa colère notamment à cause des accusations de dysfonctionnements dans l'enquête, qui a vu passer neuf juges d'instruction depuis son ouverture en 2012. Son avocat, Me Robin Binsard, a qualifié la situation de "dysfonctionnements majeurs". Le procureur, quant à lui, a réagi avec fermeté : "Le temps ne fait rien à l’affaire".
Patrick Balkany a tenté de minimiser les accusations, ironisant en disant qu'un de ses chauffeurs "m’emmenait à la plage faire des châteaux de sable". Ses plaisanteries n'ont pas manqué de choquer les juges, qui ont dû suspendre l’audience face à la tension croissante.
Dans un climat déjà chargé, l'ancien maire a justifié ces pratiques en faisant valoir la nécessité de sa sécurité, mentionnant les violences dont il a été victime par le passé. "J’ai créé la police municipale en 1983, répondant à des impératifs de sécurité", a-t-il déclaré, avant d'ajouter que même l'ancien ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux n'avait vu "rien à redire" à ces arrangements.
Toutefois, les témoignages d'anciens policiers ont révélé une autre réalité. L'un d'eux a raconté des conditions de travail éprouvantes, devant parfois dormir chez les Balkany. "On m’a traité comme un larbin de service", a-t-il confié, ajoutant avoir vécu des situations inconfortables, comme déclencher la colère d'Isabelle Balkany pour avoir refusé de sortir ses chiens.
Un autre policier, qui a été chauffeur pendant huit ans, a relaté des séjours à la Villa Pamplemousse à Saint-Martin, où, bien qu'il ait profité de vacances, il devait également accompagner Isabelle Balkany lors d’événements. Au tribunal, il a déclaré : "J'ai bien compris l’enfer qu’il vivait…" en évoquant la fameuse générosité de l’ancien maire, mentionnant des invitations de Johnny Hallyday.
Ce procès met en lumière les abus de pouvoir et les éventuels méfaits d'un homme politique qui, malgré les charges retenues contre lui, semble faire peu de cas de la situation. La suite des débats dans cette affaire promet, une fois de plus, d’être riche en rebondissements.







