Il devait être un simple chantier de travaux, mais la fermeture du zoo de Tripoli a marqué 17 ans d'une histoire tragique. La réouverture du zoo, le mois dernier, offre désormais un nouveau souffle aux habitants de la capitale libyenne.
À l'occasion de l'Aïd el-Fitr, des centaines de familles, vêtues de leurs habits neufs, se pressent devant les portes du zoo, et ce, même sous une pluie battante.
Les yeux brillants, les enfants découvrent les ours, les lions et les tigres du Bengale, mais aussi des espèces emblématiques de la faune libyenne, comme le fennec et le waddan, un mouflon menacé par le braconnage.
Mohammed Erbeh, un fonctionnaire de 44 ans, exprime sa joie d'avoir un lieu de sorties adapté pour ses enfants après tant d’années de privations : "C'est enfin un endroit où ils peuvent s'amuser et voir des animaux qu'ils n'avaient jamais eu l'occasion de côtoyer", confie-t-il.
Le zoo, construit en 1985 et fermé en 2009 pour des travaux de modernisation, avait vu sa réhabilitation suspendue à la suite du soulèvement populaire contre Mouammar Kadhafi en 2011. Les combats ont laissé leur empreinte, les animaux étant laissés à l'abandon, souvent victimes de violences tragiques. Selon des témoignages recueillis par l'AFP, de nombreuses espèces ont été tuées ou volées pendant ces années de chaos.
Alors que la Libye se débat toujours entre instabilité et luttes de pouvoir, la réouverture du zoo représente un rayon d'espoir. Des décennies de conflits ont laissé le parc dévasté, avec une population animale revenue à environ 700 individus sur les 1 100 initialement recensés. Malgré tout, des efforts sont déployés pour reconstituer cette population en acquérant de nouveaux animaux à l'étranger.
Le parc, désormais surveillé par 450 caméras et équipé de dispositifs de sécurité modernes, a été réaménagé pour respecter les normes internationales. Abdallah Aoun, pilote de ligne de 62 ans, affirme qu'il est crucial d’avoir des lieux comme celui-ci pour permettre aux Libyens d’échapper, même brièvement, à la dureté du quotidien : "Ici, on voit un autre visage de notre pays, loin des conflits et des crises".







