REPORTAGE. La fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, en 2020, a mis en lumière une réalité : l'énergie est désormais un enjeu politique, souvent soumis à des intérêts idéologiques. Sur le terrain, la population subit encore les conséquences de cette décision.
À Fessenheim, charmant village alsacien de 2 300 habitants, tout semble tranquille. Ses rues bien entretenues, une église, une mairie et un café évoquent une vie paisible. Pourtant, derrière ce tableau d'harmonie, la fermeture de la centrale nucléaire, mise en service en 1977, a profondément marqué le paysage socio-économique local.
Cette décision s'inscrit dans un contexte politique où l’énergie nucléaire était remise en question. En 2012, François Hollande promettait la fermeture, alors que son successeur Emmanuel Macron a officialisé cette décision en 2020. Selon Valeurs Actuelles, ce choix a été influencé par des considérations écologiques et le désir d’attirer les fonds européens, au détriment de l'indépendance énergétique de la France.
Arthur, ancien employé d’EDF à Fessenheim, exprime sa colère : « C’était inutilement criminel de fermer cette centrale avant 2030. Elle fonctionnait parfaitement ! » Les vestiges de l’ancienne centrale, avec ses parkings presque désertés, rappellent la perte de près de 2 000 emplois.
Les habitants peinent aussi à s’adapter à cette nouvelle réalité. Un serveur dans un café explique : « C’était compliqué, mais on s’adapte. Les clients allemands nous aident, mais beaucoup d’entreprises ont souffert. » Le restaurant Au Bon Frère, jadis une institution, a récemment fermé ses portes, victime d’une dynamique économique dégradée, accentuée par la fermeture de la centrale.
Fessenheim, entre espoir et désillusion
Alors que des discussions sont en cours pour une reconversion, les retombées économiques d'une telle décision sont alarmantes. Un rapport de la région Grand-Est évoque des pertes fiscales de 14 millions d'euros par an. Les collectivités doivent désormais définir une « stratégie de reconversion », incluant des projets d’énergies renouvelables, élaborée lors d'une réunion présidée par Jean Rottner, ancien président de la Région.
Malgré ces promesses, peu d’avancées concrètes ont été réalisées. En 2021, l'État a accordé 1 million d'euros à plusieurs communes, mais ces fonds semblent insuffisants face aux enjeux de reconversion. Pendant ce temps, Fessenheim continue de lutter pour sa survie économique.
Un constat amer : alors que l’accent est mis sur les énergies vertes, les collectivités touchées par la fermeture de la centrale pâtissent des choix politiques. Ce contraste entre l’idéologie et la réalité économique pose la question de l’avenir de nombreuses régions françaises.
Arthur conclut d’un ton désabusé : « Si seulement on avait eu des centrales nucléaires... »







