Un rapport de l’ONU, publié le 20 janvier, révèle que le monde entre dans une ère de « faillite mondiale de l'eau ». Les niveaux d’épuisement des ressources en eau dépassent désormais leur capacité de renouvellement, rendant illusoire tout retour à des niveaux antérieurs.
À travers le globe, l’accès à l’eau douce est devenu une réalité préoccupante pour de nombreuses populations. La pollution, le réchauffement climatique, ainsi que la surexploitation des ressources sont autant de facteurs qui précipitent cette crise, alors que les rivières, les lacs et les aquifères s'épuisent à une vitesse alarmante, selon des experts environnementaux. L'Institut de l’Université des Nations Unies pour l’eau, l’environnement et la santé, à l’origine de ce rapport, déclare : « Les termes 'stress hydrique' et 'crise de l'eau' ne suffisent plus à décrire les nouvelles réalités mondiales. »
Cette 'faillite hydrique' se manifeste par le rétrécissement des lacs et l’assèchement de nombreux fleuves, qui ne parviennent plus à atteindre la mer pendant certains mois. La disparition des zones humides est également inquiétante, avec environ 410 millions d’hectares perdus au cours des dernières cinquante années, équivalant à la taille de l'Union européenne.
La crise mondiale de l'eau a atteint un point de non-retour
Un autre indicateur alarmant est le déclin de 70 % des nappes phréatiques qui fournissent l’eau potable et l’irrigation. Des situations de 'Day Zero', où l'approvisionnement en eau n’est plus suffisant pour répondre à la demande, se multiplient dans les zones urbaines, poussant les gouvernements à rationner cette précieuse ressource.
Le changement climatique aggrave encore la situation : plus de 30 % de la masse glaciaire mondiale a fondu depuis 1970, réduisant ainsi les apports en eau lors des saisons sèches pour des millions de personnes. « Le rapport met en lumière une dure réalité, » déclare Tim Wainwright, directeur général de WaterAid. « La crise mondiale de l'eau a atteint un point de non-retour. »
Les conséquences de cette situation diffèrent selon les régions, mais sont visibles sur tous les continents. Bien que certains pays ne soient pas encore en pleine pénurie d'eau, comme le souligne le scientifique Kaveh Madani, « cela nous alerte sur le fait que de nombreux systèmes à travers le monde sont en situation de faillite. » La nécessité d’un changement radical dans les politiques de gestion de l'eau est plus urgente que jamais.







