Le 8 juillet 2022, l'ancien Premier ministre japonais Shinzo Abe a été abattu avec une arme artisanale lors d'un meeting électoral à Nara, provoquant une onde de choc à l'échelle mondiale. Mercredi, Tetsuya Yamagami, 45 ans, a été reconnu coupable et condamné à la réclusion à perpétuité par le tribunal de Nara.
Le juge Shinichi Tanaka a souligné que Yamagami avait planifié son acte avec détermination, le qualifiant de "méprisable et extrêmement malveillant". L'accusé, qui a admis avoir tué Abe, a été décrit comme ayant des motivations profondes liées à des doutes nourris envers des liens supposés entre l'ancien Premier ministre et l'Église de l'Unification, également connue sous le nom de secte Moon.
Une libération conditionnelle presque improbable
Lors du procès, le parquet avait qualifié le meurtre d'événement "sans précédent" dans l'histoire japonaise post-guerre, considérant les conséquences sur la société. Malgré une condamnation sévère, certains experts notent qu'une libération conditionnelle reste théoriquement envisageable.
Un choc national
La mort de Shinzo Abe, homme politique influent, avait provoqué un traumatisme profond dans un pays où les crimes à l'arme à feu sont rares. "C'était l'événement du siècle" a déclaré Manabu Kawashima, un citoyen de Nara, témoignant de la douleur ressentie par des milliers de Japonais.
Les origines de la rancœur de Yamagami contre Abe étaient en partie liées aux pertes personnelles qu'il avait subies, notamment la mort de son père et les problèmes liés à la secte qui a causé la ruine financière de sa famille. Ses avocats ont évoqué son sentiment de désespoir face à cette situation, le poussant à penser qu'il devait attirer l'attention sur les actions de la secte en s'en prenant à une figure politique influente.
Des liens révélés avec la secte Moon
Fondée en 1954, l'Église de l'Unification a été au centre d'une enquête médiatique intense après l'assassinat. Des liens étroits entre ses membres et des élus du Parti libéral-démocrate (PLD) ont été mis en lumière, entraînant la démission de plusieurs ministres.
Dissolution d'une branche controversée
Une enquête interne du PLD a révélé que près de la moitié de ses membres au Parlement entretenaient des relations avec cette organisation. Face à ces scandales, en avril 2025, un tribunal a ordonné la dissolution de la branche japonaise de l'Église, soulignant les "dommages sans précédent" causés à la société japonaise.
L'assassinat d'Abe a également soulevé des interrogations sur la sécurité des personnalités politiques, avec des critiques portant sur l'insuffisance des mesures de sécurité en place lors de l'événement tragique. En réponse, des réformes législatives sur le contrôle des armes à feu ont été mises en vigueur en 2024.







