Le FLNKS, principal mouvement indépendantiste de Nouvelle-Calédonie, a décidé de ne pas se rendre à la réunion convoquée par le président Emmanuel Macron à l'Élysée. Ce refus souligne les tensions grandissantes entre Paris et l'archipel, le FLNKS dénonçant une tentative d'imposition de l'accord de Bougival par le gouvernement français.
Christian Tein, président du FLNKS, a exprimé son désarroi face à ce qu'il qualifie de diktat parisien. "Paris semble sourd et n'opère qu'avec des rapports de force. Nous ne participerons pas à cette réunion, car le gouvernement cherche à nous enfermer dans un cadre que nous ne pouvons pas accepter", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à Nouméa.
Une crise politique aiguë
Signé en juillet, l'accord de Bougival vise à stabiliser la situation en Nouvelle-Calédonie, en prévoyant la création d'un État autonome ancré dans la Constitution française. Toutefois, son application demeure incertaine, notamment à cause du rejet par le FLNKS et du report prévu de son examen au Sénat. La loi doit être adoptée avant le 2 novembre pour empêcher des élections qui risqueraient de fragiliser encore l'accord.
Au mois de décembre, Emmanuel Macron avait informé les élus locaux de son souhait de réunir les représentants calédoniens à Paris le 16 janvier, dans le but de poursuivre les discussions sur l’avenir institutionnel de l'archipel et de clarifier l'accord de Bougival.
Malgré un soutien majoritaire parmi les factions politiques calédoniennes, plusieurs acteurs plaident pour des amendements, jugés nécessaires pour garantir un consensus.
Vers une consultation citoyenne anticipée
Pour tenter de relancer le processus dans un contexte déjà marqué par des tensions matérielles et sociales, la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, a proposé l'idée d'une "consultation citoyenne anticipée" en mars 2026. Cette initiative vise à recueillir l’avis des Calédoniens avant l'adoption de la loi constitutionnelle qui encadrera cette nouvelle étape. Cependant, cette perspective suscite des réserves, même parmi les soutiens de l'accord de Bougival.
Recent des violences dramatiques en 2024, qui avaient causé la mort de 14 personnes et gravement affaibli l'économie locale, l'UNI a conditionné son soutien à des modifications substantielles du texte proposé. Enfin, début décembre, le Parti socialiste a même demandé au Premier ministre Sébastien Lecornu de suspendre cette consultation anticipée, soulignant une absence de véritable consensus autour de l'accord, rendant ainsi son adoption peu probable selon plusieurs analystes politiques.







