Les États-Unis font face à des allégations graves concernant l'utilisation d'un avion camouflé en appareil civil lors de frappes anti-narcotiques, une controverse qui pourrait les exposer à des accusations de crimes de guerre. Selon une enquête du New York Times, ces frappes, menées depuis septembre dans les Caraïbes et le Pacifique, auraient causé la mort de plus de 100 personnes en ciblant des embarcations supposées appartenir à des narco-trafiquants.
La première attaque, qui a fait onze victimes, a été officiellement décrite par le président Donald Trump comme une mesure nécessaire dans la lutte contre le narcotrafic. Toutefois, les experts en droit international, tels que le professeur de droit à l'Université de Paris, Jean Dupont, soulignent que masquer un appareil militaire en avion civil constitue une violation des conventions de Genève. Cela va à l'encontre du principe de la « perfidie », qui interdit de tromper l'ennemi sur le statut d'une arme.
Après cette attaque initiale, une seconde salve a été lancée, tuant des survivants du premier bombardement, ce qui a suscité des interrogations sur la légalité et l'éthique des opérations militaires menées par les États-Unis. De nombreux élus ont dénoncé ces frappes comme des crimes de guerre, soulignant le besoin d'une transparence accrue sur le ciblage des opérations.
L’administration Trump justifie ces actions en les déclarant nécessaires dans le cadre d'une guerre contre le narcotrafic, mais les preuves de l'implication des navires touchés dans des activités illégales manquent cruellement. Les militaires ont depuis opté pour des appareils moins dissimulés, comme des drones, afin d’éviter de nouveaux scandales, mais la question des droits humains et du respect du droit international demeure prégnante dans les débats.
Cette situation soulève des préoccupations sur la manière dont les opérations anti-narcotiques sont conduites, et des experts, comme le sociologue des conflits, Marc Lefèvre, insistent sur la nécessité d'une réforme des stratégies employées par les États-Unis. « La guerre au narcotrafic doit se mener avec des stratégies qui respectent les droits fondamentaux, sinon nous risquons d'alimenter des cycles de violence », affirme-t-il.







