Le 10 janvier, l'Éthiopie a officiellement lancé la construction d'un nouvel aéroport à Bishoftu, à environ 40 kilomètres au sud-est d'Addis-Abeba. Présenté par le Premier ministre Abiy Ahmed Ali comme le « plus grand projet d'infrastructure aéronautique de l'histoire de l'Afrique », cet aéroport ambitieux comprendra quatre pistes et sera capable d'accueillir jusqu'à 270 avions. Dans sa première phase, il sera en mesure de traiter 60 millions de passagers annuels, avec une capacité prévue d'atteindre 110 millions de passagers à terme, ce qui quadruplerait celle de l'aéroport international de Bole, déjà saturé.
« L'aéroport renforcera la compétitivité mondiale d'Ethiopian Airlines et améliorera la connectivité avec le reste du continent dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine », a souligné Abiy Ahmed. Ce projet colossal devrait nécessiter un investissement total de 12,5 milliards USD, dont 30% seront financés par Ethiopian Airlines elle-même. Selon Abraham Tesfaye, le directeur du développement et de la planification des infrastructures, la compagnie aérienne a déjà débloqué 610 millions USD pour les travaux de terrassement, devant être achevés dans un an.
Le reste des fonds sera collecté par le biais de prêts, avec des établissements comme la Banque Africaine de Développement (BAD), qui a annoncé en août 2022 une mobilisation de 8 milliards USD pour soutenir le projet. Cette somme souligne l'importance stratégique de l'aéroport pour l'Éthiopie et son rôle croissant dans le transport aérien africain.
Ce nouvel aéroport s'inscrit dans la stratégie d'expansion d'Ethiopian Airlines, qui souhaite figurer parmi les vingt meilleures compagnies aéronautiques mondiales d'ici 2040. La compagnie prévoit de tripler son trafic passagers à 63,9 millions et d'étendre son réseau international à 243 destinations. La mise en opération de cet aéroport pourrait propulser l'Éthiopie en tant que hub intercontinental, surpassant des aéroports emblématiques comme ceux du Caire et de Johannesburg, currents leaders africains du transport aérien.
Selon des rapports de l'Association du transport aérien international (IATA), le trafic aérien africain devrait croître en moyenne de 4,1% par an pour les deux prochaines décennies, soutenu par une population en forte urbanisation et l'émergence d'une classe moyenne. En intégrant ces projections, l'Éthiopie se positionne non seulement comme un acteur majeur du continent, mais également comme un pionnier dans l'innovation des infrastructures de transport.







