L'ancienne ministre de l'Énergie, Agnès Pannier-Runacher, met en lumière la situation énergétique de la France dans le contexte actuel. Dans une interview accordée à "La Matinale" le 29 avril, elle souligne que la France applique déjà une surtaxe sur les grandes entreprises, notamment pour compenser les impacts de la crise énergétique. Elle insiste sur la nécessité de projets comme le "plan d'électrification" pour réduire la dépendance aux pays exportateurs de pétrole et de gaz.
Pour Pannier-Runacher, les véritables bénéficiaires de la crise énergétique, exacerbée par les tensions géopolitiques, sont les États-Unis. Elle affirme que les profits sont principalement réalisés dans les pays producteurs et non par les entreprises pétrolières comme Total. "Les profiteurs se trouvent là où il n'y a pas de conflits perturbant l'approvisionnement", déclare-t-elle.
Pannier-Runacher souligne également l'importance de la surtaxe imposée par la France, qui, selon elle, a été mise en place il y a deux ans, contrairement à d'autres pays. "Nous devons agir sur plusieurs volets pour garantir la sécurité énergétique du pays, en renforçant l'électrification comme priorité stratégique", affirme-t-elle.
Face à l'augmentation prévue des prix du gaz entre 43 et 52 % d'ici 2030, l'ancienne ministre propose une transition vers des solutions électriques. "Chaque changement de chaudière gaz doit être l'occasion de passer à une solution électrique, soutenue par l'État pour encourager cette transition", explique-t-elle.
En réponse aux inquiétudes concernant une éventuelle pénurie d'énergie, Pannier-Runacher invite à la vigilance. Bien qu'elle n'ait pas de données précises indiquant une crise imminente, elle reconnaît que la France, dépendant à 99 % de ses importations de pétrole et de gaz, est dans une position vulnérable. "Nous sommes à la merci des fluctuations internationales, et il est essentiel de travailler à notre indépendance énergétique", conclut-elle.
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