La célèbre vie nocturne du Caire a fait un retour flamboyant mardi soir, grâce à la fin des mesures d'économie d'énergie qui avaient impacté la dynamique habituelle de cette mégalopole, entraînant des fermetures précoces de magasins, cafés et restaurants amid la conjoncture conflictueuse au Moyen-Orient.
Sur fond de guerre et de flambée des prix de l'énergie, le gouvernement égyptien avait imposé, durant un mois, des réductions drastiques de la consommation d'électricité.
Les établissements étaient contraints de fermer leurs portes à 21h00 avant que cette heure ne soit progressivement étendue à 23h00, ce qui avait laissé les rues désertes et généré un fort sentiment de frustration auprès des commerçants et de leurs clients.
Récemment, les restrictions ont été levées, permettant ainsi aux établissements de rouvrir jusqu'à 01h00 du matin. Les magasins et centres commerciaux peuvent désormais fonctionner jusqu'à 23h00, et même minuit durant les weekends.
À Heliopolis, quartier huppé du Caire, les familles sont de retour dans les rues, avec enfants à la main, tandis que des groupes d'amis se réunissent pour partager un narguilé.
"Les gens étaient déprimés", confie un retraité de 82 ans, Ahmed Megahed. "Avec la hausse des prix et les pressions quotidiennes, rester chez soi empirait les choses. Maintenant, on peut sortir, respirer et retrouver une certaine normalité".
Au cours de la période de restrictions, des patrouilles de police veillaient au respect des règles, menaçant les noctambules de lourdes amendes allant jusqu'à 50.000 livres égyptiennes (environ 800 euros) et de possibles peines d'emprisonnement en cas de récidive.
Wafaa Ahmed, 58 ans, propriétaire d'une boutique, a vu son chiffre d'affaires plonger de 80%. Elle se réjouit de cet assouplissement, "surtout avec l'arrivée de la saison estivale". "Personne ne fait ses courses le matin en été. Maintenant, les clients peuvent se permettre de sortir le soir", souligne-t-elle, soulagée après un "véritable désastre" pour le commerce.
Avec plus de 20 millions d'habitants, cette ville vibrante est connue pour son ambiance nocturne, marquée par la circulation, les marchés animés et les bateaux de fête illuminant le Nil.
L'Égypte, en proie à une crise énergétique exacerbée par les conflits régionaux, subit des répercussions sévères. Le Premier ministre Moustafa Madbouly a révélé que la facture mensuelle d'importation d'énergie a plus que doublé entre janvier et mars, s'élevant à 2,5 milliards de dollars. Face à une livre égyptienne ayant perdu 15% de sa valeur et une inflation à 13,6% en mars, des mesures d'incitation pour encourager la transition vers l'énergie solaire sont envisagées, accompagnées de campagnes pour inciter les consommateurs à réduire leur consommation d'électricité.







