Le chef de la junte malienne, Assimi Goïta, a affirmé que la situation sécuritaire dans le pays est "maîtrisée", trois jours après des attaques particulièrement virulentes perpétrées par des groupes armés. Ces incidents ont mis à mal la junte, déjà affaiblie par des défis sécuritaires. Dans une allocution télévisée sur l'ORTM, la chaîne publique, Goïta a déclaré que "le plan funeste de l'ennemi a été déjoué grâce à la neutralisation de nombreux assaillants".
Cependant, il a également reconnu une situation d'"extrême gravité", incitant la population à faire preuve de solidarité nationale et à s'élever contre la division. "Le Mali a besoin de lucidité et non de panique", a-t-il insisté. Ce discours, prononcé dans un contexte de préoccupations croissantes concernant sa capacité à maintenir le pouvoir, a fait suite à la mort de son ministre de la Défense, Sadio Camara, lors des attaques.
Camara, architecte d'un rapprochement politique avec la Russie, a été un acteur clé dans les relations militaires de la junte, qui a débouché sur le retrait des troupes françaises en 2022. Plus tôt dans la journée, Goïta a accueilli l'ambassadeur de Russie, Igor Gromyko, qui a exprimé le soutien de Moscou dans la lutte contre le terrorisme
Toutefois, la situation au Mali reste tendue. Le ministère russe de la Défense a averti que les rebelles et les jihadistes poursuivent leur regroupement, rendant la situation encore plus complexe. De plus, l'Africa Corps, des paramilitaires soutenant la junte, a dû se retirer de Kidal, une ville clé, alors que les groupes armés l'ont reprise.
Pour aggraver les choses, le JNIM a menacé d'imposer un blocus sur Bamako, déclarant via un porte-parole qu'"aucune entrée à la ville ne serait tolérée". Les Etats-Unis ont par ailleurs alerté leurs ressortissants sur des mouvements terroristes potentiels dans la capitale, les conseillant de rester confinés.
Les attaques de ces derniers jours soulèvent des doutes quant à la réelle capacité de la junte à gérer les menaces des groupes armés. Des analystes, comme ceux de France24, évoquent une alliance alarmante entre le JNIM et le Front de libération de l'Azawad (FLA), ayant pour but non pas un coup d'État à Bamako, mais la reconquête des territoires du Nord, déjà instable depuis des années.
La junte, défiée sur le terrain, semble perdue face à un adversaire redoutable, tandis que sa rhétorique de maîtrise de la situation vacille. Les forces armées maliennes ont même dû céder certaines positions dans la région de Gao, laissant entrevoir une inquiétante fébrilité au sein de l'appareil militaire.
Kidal, qui a récemment été reconquise par les forces maliennes avec l'aide des mercenaires de Wagner, est à nouveau menacée, une situation qui montre combien la réalité sur le terrain diverge des déclarations officielles. Alors que les Maliens se demandent de plus en plus qui protégera leur souveraineté, le besoin de solutions durables et de stabilité n’a jamais été aussi pressant.







