En janvier 2022, deux adolescents, âgés de 16 ans et originaires de deux communes rurales des Bouches-du-Rhône, sont devenus les victimes d'un réseau de stupéfiants à Frais Vallon, dans les quartiers nord de Marseille. Après avoir été manipulés par des promesses mensongères, ils se sont retrouvés contraints de travailler gratuitement pour une dette fictive. Pendant quatre jours, ils ont été séquestrés et brutalement torturés.
Le 12 février, la cour d'assises des Bouches-du-Rhône a décidé de sévir : les membres du réseau ont écopé de peines allant de six à dix-huit ans de prison. L’accusation a évoqué la "sauvagerie" qui caractérise les pratiques de ces narcotrafiquants. Les tortionnaires, dont deux frères de 24 et 25 ans, occupaient des postes de direction au sein de ce réseau, et ont reçu des sentences exemplaires.
Les malheureuses victimes ont raconté des épisodes terribles, dont des abus sexuels et des violences physiques, l'une d'elles étant même forcée de danser nue. Ces actes de violence ont choqué et suscité un appel à l’action de la part des autorités locales. "Pour se procurer une main-d'œuvre gratuite, des prétextes comme des dettes inventées sont utilisés", a dénoncé l'avocat général.
Des pratiques inhumaines révélées
Les six prévenus, identifiés par les victimes lors de parades d'identification, ont tous reconnu partiellement les faits lors du procès. Les peines, jugées sévères mais justes, visent à envoyer un message fort contre ces violences incessantes au cœur des réseaux de trafic de drogue. Un des accusés, surnommé "Souris", a vu sa peine réduite à quatorze ans, et un autre a été condamné à douze ans après avoir avoué une partie des faits.
Lors du procès, la défense a plaidé pour un acquittement des principaux accusés, arguant que les déclarations des jeunes victimes ne devraient pas être considérées comme une vérité absolue. Ce manque d'empathie face aux souffrances vécues par les victimes a fait réagir les participants au procès.
Dans cette atmosphère de tension, Kevin, l'un des adolescents, a décrit comment eux-mêmes avaient tenté, en vain, d'alerter la police en distribuant des messages de détresse aux consommateurs qu'ils servaient. "S'il vous plaît, appelez la police. Nous avons besoin d'aide", écrivaient-ils, désespérés.
Finalement, après avoir été forcés à subir plus de quatre jours de servitude, les adolescents ont réussi à s'échapper en sautant du troisième étage d'un immeuble. Kevin, atteint d'une fracture ouverte, a été traîné pendant des heures à travers ce qu'on appelle une "salle de torture".
Cet incident tragique soulève des questions urgentes sur la protection des mineurs dans un environnement marqué par des réseaux de trafic de drogue, comme l'expliquent plusieurs experts du milieu. L’ombre de la criminalité organisée continue de planer sur la jeunesse, rendant indispensable une mobilisation des services sociaux et de la justice pour protéger ceux qui vivent dans la peur.







