Le 1er juin, la cour d’assises des mineurs de la Gironde a ouvert le procès de cinq jeunes accusés d'avoir été les instigateurs d’un bizutage ayant entraîné la cécité d'un adolescent de 15 ans lors d'un « jeu de la chasse à l'homme » en octobre 2020. Ce drame s'est produit dans le quartier Palmer, à Cenon, révélant des pratiques violentes normalisées parmi les jeunes du quartier.
Lors des faits, seuls quelques accusés étaient majeurs. Aujourd'hui âgés de 22 à 25 ans, ils comparaissent libres, chacun faisant face à des accusations de violences ayant entraîné mutilation ou infirmité permanente. La présidente de la cour, Fabienne Roure-Guerrieri, a posé des questions incisives sur leur comportement passé, mettant en lumière le manque d’engagement de ces jeunes dans la société.
« Vous n'aviez pas d'emploi stable, vous avez souvent abandonné l'école », a souligné la présidente, un constat partagé par les experts. Selon des témoignages recueillis par le quotidien Sud Ouest, la majorité des accusés se caractérisent par une oisiveté inquiétante, sans projets d’avenir, et certains ont déjà été condamnés pour d'autres infractions. Enchanté par une enfance difficile pour certains, d'autres, en revanche, sont issus de milieux aimants.
Un phénomène de groupe à l'origine de la violence
Lors des auditions, un des accusés a évoqué les pressions du groupe, se disant « influencé » par ses camarades. La compagne de l’un a tenté d’atténuer sa responsabilité en soulignant son côté « doux et attentionné », mais les actes commis restent inexcusables dans l’œil de la loi. Les experts s’accordent à dire que ces comportements sont souvent amplifiés par un besoin d’appartenance.
Le verdict est attendu le 5 juin, après plusieurs jours de débats teintés d’émotion et d’inquiétude pour la communauté de Cenon, qui se questionne sur la violence chez les adolescents et les jeux apparemment innocents qui peuvent dégénérer en tragédies.







