Le parquet a demandé des peines de jusqu'à 16 ans de réclusion pour Félix Bingui, leader présumé du clan Yoda, lors de son procès pour narcotrafic à Marseille.
Ce lundi, le procureur a requis une condamnation sévère contre Bingui, surnommé ‘Le Chat’, soulignant les profits considérables générés par ses activités. Dans cette nébuleuse affaire, d'autres membres du clan ont également été visés, dont Mohamed Hussein Saleh, classé comme son bras droit avec une peine de 12 ans requise, et le fuyard Zine Eddine Belkai, pour lequel 10 ans ont été demandés.
Le procureur a insisté sur le fait que ces peines devraient inclure une période de sûreté de deux tiers, ainsi que des amendes pouvant atteindre 500 000 euros pour Bingui.
Le représentant du ministère public a décrit une situation alarmante : « Les quantités de drogues disponibles à Marseille sont astronomiques, et ces réseaux organisés engendrent des bénéfices en milliards. » Les enquêtes menées par les autorités, qui se sont prolongées sur plusieurs mois, ont mis en lumière l'ampleur de ces opérations criminelles, révélant la complexité du réseau géré par ce clan.
Des arguments de défense contestés
Les avocats de la défense, tels que Me Philippe Ohayon, ont dénoncé le traitement réservé par la justice à leurs clients, affirmant que le parquet tente de donner un exemple avec des peines sans précédent. Ils ont plaidé que ces sanctions sont totalement disproportionnées, notamment pour ceux comme Mohamed Hussein Saleh, qui fait face à des accusations très lourdes tout en étant sous contrôle judiciaire.
Félix Bingui, actif dans le trafic de drogue depuis plusieurs années, a nié toute implication directe, malgré un train de vie extravagant, souvent critiqué par les autorités. « Je pars en vacances, je joue au poker », a-t-il tentativement justifié ses dépenses luxueuses.
Une guerre entre gangs
Le clan Yoda, du nom du personnage de « Star Wars », est au cœur d'une lutte acharnée pour le contrôle des points de vente de drogues à Marseille, entre autres factions comme la DZ Mafia. Cette rivalité a mené à une escalade de la violence dans les quartiers, avec un bilan tragique de 52 morts et 124 blessés rien qu'en 2023, comme l’a précisé le magistrat. Le climat de peur dans ces quartiers rend la lutte des forces de l’ordre encore plus difficile.
Les audiences se poursuivent, et les plaidoiries devraient débuter demain. Le verdict est très attendu par les habitants de Marseille, qui espèrent un message clair contre la criminalité organisée dans leur ville.







