Le tribunal de Lille a prononcé cette peine ce mercredi, après avoir examiné les circonstances dramatiques d'un accident survenu en périphérie de la ville. Sa passagère, âgée de 20 ans, a perdu la vie. Le conducteur a admis avoir ingéré de l'alcool, du cannabis et du protoxyde d'azote avant l'accident, un mélange qui s'avère particulièrement dangereux.
La décision de la cour a dépassé les réquisitions du ministère public, qui pénalisait le prévenu de cinq ans de prison. Ce dernier a également été reconnu coupable de non-respect d’un arrêté préfectoral interdisant la consommation de protoxyde d’azote dans les lieux publics.
Des choix risqués
Le tribunal a souligné les « choix dangereux » du chauffard, spécifiant qu'il avait fumé « quatre à cinq joints de cannabis » et inhalé « entre dix et quinze ballons de protoxyde d'azote », sans oublier une consommation excessive de vodka le jour précédent. Cette combinaison mortelle est de plus en plus alarmante.
En réponse à la gravité des faits, le tribunal a décidé d'annuler le permis de conduire du prévenu et de lui interdire de le repasser pendant une décennie. De plus, il ne pourra conduire aucun véhicule non équipé d'un éthylotest pendant cinq ans.
Des preuves accablantes
Dans la nuit du 18 mars dernier, le conducteur a été responsable de la mort de son amie, Lyla, alors qu'il circulait sur une route nationale. Deux bonbonnes de protoxyde d'azote ont été découvertes dans son véhicule après l'accident. Lors de son procès, le jeune homme a reconnu l’intégralité des faits, tout en étant en situation de récidive.
Maître Hélène Vatinel, avocate de la famille de la victime, a exprimé son soulagement quant à la décision de justice, espérant que cela fera prendre conscience aux jeunes des dangers de ces substances.
Une réalité inquiétante
Les chiffres concernant les accidents routiers liés au protoxyde d'azote sont alarmants. En 2025, l'association 40 millions d'automobilistes a recensé 450 accidents graves, soit une augmentation substantielle par rapport aux années précédentes.
« Le protoxyde d'azote a un effet désinhibant : les conducteurs prennent davantage de risques, accélèrent, et ne respectent pas les distances de sécurité », a déclaré le commissaire de police Matéo Siffointe à l'AFP.
Le protoxyde d'azote est désormais au centre du projet de loi "Ripost", en discussion au Sénat. Ce texte vise à ériger l'inhalation de ces substances en délit, puni de prison, tout en alourdissant les peines pour conduite sous leur emprise.







