Invité de Franceinfo ce vendredi, le politologue Brice Soccol a partagé son éclairage sur les enjeux des élections municipales de 2026, un événement décisif avant les présidentielles de 2027.
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France info : Brice Soccol, bonjour, merci d’être avec nous. Vous êtes politologue et coauteur de L'Écharpe et les Tempêtes. Face au maire, la défiance inattendue. Les citoyens attendent le second tour des municipales ce dimanche 22 mars. Quelles distinctions pourraient émerger entre les candidats ?
Brice Soccol : La période actuelle est cruciale : nous sommes en pleine dynamique électorale. Dans les grandes métropoles françaises, des enjeux essentiels se dessinent, tant à droite qu'à gauche. Environ 26 fusions entre le Parti socialiste (PS) et La France insoumise (LFI) ont été observées, traduisant une stratégie de rassemblement en prévision des présidentielles. Il est frappant de constater que ces élections municipales ne sont pas simplement locales, mais adoptent une portée nationale cruciale. Au premier tour, LFI a recueilli environ 650 000 voix, alors que le PS en a obtenu 5 millions, rappelant un récit de déséquilibre, semblable au combat de David contre Goliath.
Au-delà des chiffres, il est frappant de constater comment LFI a su forger un récit poli-propulsé, réussissant à s’implanter dans des villes clés comme Saint-Denis en Île-de-France et Roubaix dans le Nord. La jeunesse et les quartiers populaires semblent porter ce vote, souvent négligé par d'autres partis. Une part de ce soutien provient d'électeurs déçus par le socialisme traditionnel : des diplômés, des enseignants et des travailleurs précaires trouvent un écho dans le message de LFI.
En face, le RN continue d'affirmer sa présence, avec une augmentation de 30 % de son score comparativement aux précédentes élections. Son ancrage régionale est palpable, notamment dans le sud-est et dans le Nord-Pas-de-Calais. Cependant, malgré ses victoires, le RN peine à s'imposer dans les grandes agglomérations.
France info : Existe-t-il une étonnante fébrilité au sein du PS face aux percées de LFI, malgré des succès notables dans quelques coins ? En effet, à Lille, la dynamique s'avère surprenante et devient révélatrice des tensions internes. Que révèlent ces résultats sur les véritables gagnants de ce scrutin municipal ?
Brice Soccol : Ces élections semblent, symboliquement, couronner à la fois LFI et le RN, bien que les chiffres les rendent plus modestes. La politique repose beaucoup sur les symboles et les récits, souvent oubliés dans les analyses factuelles.
France info : Dites-vous qu'il y a une importance du faire-savoir face au savoir-faire ?
Brice Soccol : En effet. LFI a fait le choix de diriger ses efforts vers les grandes métropoles, tandis que le RN a davantage investi dans le monde rural et les villes moyennes. Malgré une faible présence dans les grandes villes, ils espèrent conserver un ou deux bastions, comme Nîmes. Le second tour s’annonce donc déterminant pour la perception des partis dans nos principales métropoles.
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