Lundi 12 janvier, des barrages filtrants ont été mis en place au port du Havre et sur l'autoroute A1. Les agriculteurs, en colère, dénoncent un accord entre l'UE et les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay) qu'ils estiment menaçant pour l'agriculture européenne. Cette mobilisation s'inscrit dans un contexte de manifestations similaires à travers l'Europe, notamment en Italie, en Pologne et en Irlande.
Tensions croissantes sur les axes stratégiques
Les agriculteurs français ciblent des points stratégiques pour le transport de marchandises. Selon la Sanef, l'autoroute A1 est un axe très fréquenté, reliant Paris aux ports d'Anvers et de Rotterdam. Dans la nuit de dimanche, des agriculteurs ont pris position au péage de Fresnes-Lès-Montauban, où ils ont commencé à contrôler les camions de marchandises.
"Mercosur, Ukraine, DNC, trop c'est trop. Ce que nous vivons n'est pas une crise, mais une véritable escroquerie à l'agriculture", ont affiché les manifestants.
Au Havre, environ 150 agriculteurs, munis de tracteurs, inspectent les camions afin de s'assurer que les produits respectent les normes imposées aux producteurs français. Justin Lemaître, représentant des Jeunes Agriculteurs de Seine-Maritime, a exprimé leur détermination à contrôler la norme de 5.000 camions par jour.
Réactions locales et soutien national
La Coordination rurale prévoit également de bloquer des dépôts pétroliers, et d'autres actions de blocage se poursuivent à Bayonne et près de Toulouse. L'ampleur de cette protestation a déclenché des avertissements de la préfecture, menaçant d'intervenir pour rétablir la circulation. Les agriculteurs expriment une profonde inquiétude face à un traité jugé dévastateur pour leur secteur.
Les experts soulignent que cet accord pourrait inonder le marché européen de produits agricoles moins chers, mais souvent non conformes aux standards de qualité en vigueur en Europe. Pour eux, la ratification de ce traité pourrait entraîner une concurrence déloyale qui mettrait en péril la viabilité de l'agriculture française.
Le 20 janvier, une grande manifestation est prévue à Strasbourg pour alerter les représentants européens de cette situation alarmante. Le Premier ministre a annoncé un soutien financier de 300 millions d'euros pour apaiser les tensions, bien que cela n’ait pas suffi à calmer les esprits agités.
Certains agriculteurs, tout en reconnaissant le besoin de mesures d'urgence, réclament des solutions durables et une gestion plus équitable des affaires agricoles au sein de l'UE. Comme le souligne un agriculteur de la région : "Nous ne demandons pas des miettes, mais un avenir où notre agriculture pourra prospérer sans menaces extérieures." Les débats autour du Mercosur continuent de s'intensifier et la vigilance reste de mise dans les cercles agricoles.







