La Rochelle (France) – Ce lundi, les agriculteurs ont intensifié leur lutte contre l'accord commercial EU-Mercosur en bloquant plusieurs infrastructures clés, dont un dépôt pétrolier à La Rochelle et des silos à grains à Bayonne. Ces actions sont le prolongement de manifestations déjà amorcées le week-end dernier, notamment sur l'autoroute A1 près de Lille.
Un impressionnant barrage de ballots de paille a été mis en place devant le port industriel de La Pallice, près de La Rochelle, mobilisant une trentaine de tracteurs et environ soixante manifestants invités par la Coordination rurale de Charente-Maritime. Les protestataires voient dans cet accord une menace directe pour la survie de l'agriculture française, craignant une compétition déloyale avec des produits sud-américains vendus à des prix inférieurs. Les représentants des agriculteurs soulignent que cela pourrait compromettre des normes essentielles de qualité et de sécurité alimentaire.
Au port de Bayonne, un autre groupe, composé de membres de la Confédération paysanne, du Modef, et du syndicat basque ELB, a également organisé un blocage malgré l'interdiction de rassemblement émise par la préfecture. Dans un communiqué, le Modef a déclaré : "Une trentaine de tracteurs bloquent les entrées, et d'autres militants continuent d'affluer".
Dans un climat déjà tendu, Vinci Autoroutes a annoncé la reprise du trafic sur l'autoroute A63, une voie clé reliant la France à l'Espagne, après qu'un barrage a été levé suite à des négociations fructueuses avec les agriculteurs. Ces derniers avaient surnommé leur groupe "les Ultras de l'A63", déterminés à maintenir la pression sur les autorités.
Au niveau international, les manifestations se sont étendues également en Italie, en Pologne et en Irlande, témoignant d'un sentiment commun de résistance à un accord qui pourrait créer l'une des plus vastes zones de libre-échange au monde. Environ 700 millions de consommateurs seraient concernés, mais les agriculteurs européens redoutent l'impact d'importations massives et moins cher qui ne respecteraient pas nécessairement leurs normes strictes.
Au Havre, une centaine d'agriculteurs a fait une opération d'inspection des camions, s'assurant que les produits transportés étaient conformes aux exigences de qualité. Ce geste a été salué par certains experts comme une manière de sensibiliser le public sur les normes agricoles. Cependant, d'autres, comme le sociologue agricole Pierre Lévy, affirment que "la lutte doit se concentrer sur des solutions politiques plus que sur des actions de blocage".
Les représentants de l'agriculture française continuent de faire appel à des soutiens politiques, tandis que la Coordination rurale maintient fermement sa position. Damien Salomon, co-président de la Coordination rurale dans le Pas-de-Calais, a déclaré : "Nous sommes prêts à tenir le siège encore de nombreux jours si nécessaire". La tension monte alors que la France se prépare à la signature de l'accord prévue cette semaine au Paraguay.
Ce mouvement, qui a débuté avec des préoccupations liées à la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) bovine, a gagné en ampleur, soulignant la nécessité d'une réponse gouvernementale à la fois rapide et réfléchie. Alors que les agriculteurs se battent pour protéger leurs intérêts, le monde du commerce international observe attentivement.







