La maison d’arrêt d’Arras figure parmi les établissements prioritaires du ministère de la Justice pour le lancement de travaux de sécurisation des prisons à travers la France. Un budget de 6,33 millions d’euros sera investi pour rendre cette prison, construite en 1863, plus étanche aux menaces extérieures.
Les travaux débuteront prochainement dans cet établissement qui abrite 240 détenus, bien au-dessus de sa capacité initiale de 202 places. Ces détenus purgent des peines inférieures ou égales à deux ans et sont répartis dans 72 cellules, certaines équipées pour accueillir jusqu'à six personnes.
La maison d'arrêt est stratégiquement située en milieu urbain, ce qui la rend vulnérable aux tentatives d'introduction d'objets illicites, y compris des jets de téléphones portables depuis l'extérieur. En décembre dernier, une opération de contrôle avait révélé la saisie de plusieurs appareils dans ses murs. «La sécurité de nos détenus est primordiale», explique Sébastien Leys, le directeur de l'établissement. Dans l'une des quatre cours de promenade, des résidus de jets allant de vêtements à des aliments sont accrochés aux barbelés, soulignant la nécessité d'intervenir rapidement.
Le projet inclut la couverture de la cour à ciel ouvert autres dispositifs tels que des filets de sécurité, afin de prévenir de futures intrusions. Justine Gerbaud, porte-parole de l’administration pénitentiaire, déclare : «Nous explorons plusieurs solutions, comme des grilles ou filet, pour adapter la sécurité aux spécificités de la structure.» En outre, un système anti-drone sera également mis en place, de même qu'un portique à ondes millimétriques à l'entrée de l'établissement pour combattre l’introduction d’objets illicites.
Pour renforcer l’effort, les technologies de brouillage téléphonique seront améliorées, et l'équipement des agents de sécurité sera également optimisé. Des caillebotis sécuriseront les fenêtres des 72 cellules, offrant une barrière supplémentaire en plus des barreaux et grillages existants. «Nous visons zéro téléphone portable en milieu carcéral», précise Sébastien Leys. «C'est également une volonté de nombreux détenus, qui prônent un environnement sans téléphone ni drogue pour garantir leur propre sécurité», conclut-il.
Actuellement, 85 personnes travaillent à la maison d'arrêt d'Arras, dont une majorité de 56 surveillants, qui se battent au quotidien pour maintenir un cadre sécurisé. Ce projet représente un pas significatif vers un système pénitentiaire français en pleine modernisation, à l'image des avancées observées dans d'autres établissements comme ceux à Lyon et à Marseille, où des égards similaires pour la sécurité ont été mis en avant par des experts en criminologie.







