Le gouvernement français a récemment annoncé une augmentation de 10 % du quota d'abattage de loups pour 2026, portant ce pourcentage à 21 % de la population estimée en France. Cette décision, jugée nécessaire par la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, vise à soulager les éleveurs qui font face à des attaques de plus en plus fréquentes. Selon les statistiques, plus de 4 000 attaques de loups ont été recensées, entraînant la mort de plus de 12 000 animaux de ferme.
La ministre a expliqué que cette décision s'inscrit dans un contexte où la population de loups s'étend loin de ses territoires traditionnels, notamment les Alpes et le Massif Central. Genevard a déclaré que le régime de régulation actuel n'est plus adapté à la réalité du terrain, affirmant que les conséquences pour les éleveurs sont à la fois financières et psychologiques. Cependant, cette annonce ne fait pas l'unanimité.
Des voix s'élèvent parmi les éleveurs, comme Frédéric Gontard, président de la Fédération des éleveurs ovins de la Drôme, qui a exprimé son scepticisme face à cette mesure, la qualifiant de "que dalle". Gontard souligne l'insuffisance de ce quota, précisant que le nombre de bêtes tuées continue d'augmenter malgré les efforts mis en œuvre, notamment l'utilisation de chiens de protection.
L'Observatoire français de la biodiversité (OFB) a récemment estimé la population de loups à environ 1 082 individus, un chiffre jugé stable. Ainsi, une augmentation du quota d'abattage autoriserait la chasse de 227 loups en 2026, une mesure contestée par les défenseurs de l'environnement. Selon Jean-David Abel, représentant de France Nature Environnement, cette hausse porterait atteinte à la protection de l'espèce, qui demeure protégée par la législation européenne, engageant ainsi la France sur un terrain juridiquement risqué.
Le débat fait rage entre les partisans de la régulation stricte pour protéger les éleveurs et les défenseurs des droits des animaux. Alors que certains pensent que des solutions alternatives, comme l'usage plus large des chiens de protection, pourraient être plus efficaces, d'autres affirment que la situation actuelle nécessite une action plus directe. Autour de ce sujet sensible, les tensions ne semblent pas prêtes de s'apaiser, signifiant que cette question pourrait continuer à diviser l'opinion publique française.







