Le directeur d'un Ehpad d'Eaubonne, dans le Val-d'Oise, est sous le feu des projecteurs après avoir été accusé de détournement de fonds à hauteur de 800 000 euros appartenant à une résidente nonagénaire. Cette affaire choquante a été révélée par le parquet de Pontoise, qui a confirmé les poursuites pour abus de faiblesse, comme rapporté par Le Parisien.
C'est un conseiller bancaire, suspectant d'importantes transactions suspectes sur le compte de la victime, qui a d'abord donné l'alerte. L’enquête a mis au jour le schéma manipulatif du directeur qui, préoccupé par la vulnérabilité de la résidente, a su gagner sa confiance au fil des ans.
Une confiance trahie
Le directeur, travaillant pour le groupe Clariane (anciennement Korian), avait établi des liaisons de confiance avec la nonagénaire dès qu’elle venait rendre visite à sa sœur dans l’établissement. Au fil des rencontres, il a appris qu’elle n’avait pas de descendants et qu’aucune mesure de protection légale n'était en place.
Lorsque son état de santé s'est dégradé en 2022, il a pris l'initiative d'organiser son admission dans l'Ehpad et a obtenu une procuration sur ses comptes bancaires, ce qui lui a permis d’exercer un contrôle total sur ses finances.
Des antécédents inquiétants
Le directeur est déjà connu pour ses démêlés judiciaires, ayant été condamné en 2013 pour abus de confiance dans une affaire similaire. À cette époque, il aurait détourné près de 200 000 euros pour financer son propre train de vie, à travers des chèques et des retraits en espèces, selon Franceinfo.
En plus de cela, il aurait modifié les contrats d'assurance-vie de la résidente, d'une valeur de 600 000 euros, pour se désigner comme héritier. Bien que le parquet ait précisé que le montant du préjudice pourrait être légèrement surestimé, cette situation met en lumière des manquements alarmants dans la gestion des Ehpad.
Actuellement placé sous contrôle judiciaire en attendant son procès prévu en juin, le directeur a été licencié par son employeur, Clariane, qui a également annoncé son intention de se constituer partie civile dans cette affaire. Des experts appellent à une réflexion plus large sur la protection des personnes vulnérables face à de tels abus au sein des établissements de soins.







