Des milliers d'agriculteurs ont manifesté le 10 janvier à Athlone, une ville située au cœur de l'Irlande, pour s'opposer à l'accord de libre-échange qui doit être signé le 17 janvier prochain au Paraguay entre l'Union européenne (UE) et le Mercosur. Des pancartes exprimant des slogans tels que « Non au Mercosur » et « Soutien à l'agriculture irlandaise » étaient fièrement affichées sur les nombreux tracteurs qui ont envahi la ville, suite à un feu vert de la Commission européenne pour cet accord contesté.
Le gouvernement irlandais, à l'instar de ses homologues en France, Pologne et Autriche, a exprimé des préoccupations face à cet accord. Les agriculteurs craignent que l'importation de produits moins cher, souvent d'une qualité inférieure par rapport aux normes strictes de l'UE, nuise à l'agriculture locale. Selon les experts, cela pourrait entraîner une concurrence déloyale, notamment dans le secteur de la viande de bœuf, déjà sous pression.
Le Parlement européen doit encore se prononcer sur ce texte, qui a été en négociation depuis plus de vingt-cinq ans, et qui promet de créer une des plus vastes zones de libre-échange au monde, représentant plus de 700 millions de consommateurs. Tandis que les partisans de l'accord, comme l'Allemagne et l'Espagne, soutiennent que cela relancera l'économie européenne en allégeant les droits de douane, nombreux sont ceux qui redoutent les conséquences pour les agriculteurs locaux.
Simon Harris, vice-premier ministre irlandais, a assuré que le gouvernement va continuer à défendre les intérêts des agriculteurs et a décrit comme « très décevant » le soutien de l'UE pour cet accord. Dans le cadre de ces manifestations, le syndicat Irish Farmers’ Association a appelé les députés européens à s’opposer fermement au projet.
Ce climat de mécontentement s'étend au-delà des frontières irlandaises, avec des protestations similaires ayant eu lieu en France et en Pologne, où les agriculteurs ont exprimé leurs craintes face aux répercussions de cet accord sur leur avenir. Les événements à Athlone mettent en lumière une inquiétude croissante qui pourrait questionner l'équilibre entre commerce international et protection de l'agriculture locale.







