Lors d'une réunion extraordinaire, le Conseil de Paris a officialisé, le 14 avril 2026, la création d'une brigade de 150 agents, dédiée à la lutte contre le mal-logement. Ce dispositif, proposé par le nouveau maire socialiste, Emmanuel Grégoire, suscite déjà des interrogations.
Le sujet du logement est au cœur des préoccupations à Paris, où la pénurie de logements fait rage. Ce projet, présenté comme essentiel pour la politique municipale, vise à traquer les meublés touristiques illégaux, à lutter contre les marchands de sommeil, à identifier les logements indignes, et à faire respecter l'encadrement des loyers. Selon la mairie, près de 300 000 logements seraient actuellement inoccupés dans la capitale, soit un logement sur cinq, et l'objectif est de remettre environ 50 000 logements sur le marché d'ici quatre ans.
Cette brigade regroupera sept services existants et combineront les efforts de 150 agents de la Ville de Paris. Ils travailleront en collaboration avec la police municipale et les services juridiques pour accélérer les procédures et sanctionner les infractions. Cependant, Henry Buzy-Cazaux, président de l’Institut du management des services immobiliers, met en garde : « Quand on connaît l’état des finances publiques à Paris, les moyens sont largement disproportionnés par rapport aux enjeux. »
« Cette mesure est démagogique »
Buzy-Cazaux souligne également l'impact négatif sur les propriétaires, en particulier avec le terme « brigade », qui peut apparaitre intimidant. Il admet toutefois que la rhétorique utilisée pourrait inciter certains à respecter les règles. Les agents, dont certains sont assermentés, auront le pouvoir d'infliger des amendes aux propriétaires négligents. La droite parisienne a vivement réagi à cette initiative, la qualifiant même de « milice ». Charles-Marie Jottras, président du groupe immobilier Daniel Féau, exprime sa colère : « Tout est fait pour réduire l’offre locative. Cette mesure est démagogique. »
En plus de cette brigade, la municipalité prévoit de doubler la taxe sur les logements vacants en 2027, cherchant à renforcer son arsenal fiscal pour lutter contre le mal-logement. Cette initiative soulève des débats passionnés sur l'équilibre à trouver entre protection des locataires et droits des propriétaires.







