La papeterie Fibre Excellence de Tarascon, spécialiste de la pâte à papier, est au bord du gouffre. En cessation de paiement depuis peu, l'entreprise s'apprête à affronter un jugement au tribunal de commerce le 27 avril. Dans un communiqué publié le 17 avril, la direction a annoncé qu'aucune solution n'avait été trouvée avec l'État pour éviter la mise sous protection. 270 emplois directs sont menacés, mettant l'avenir de milliers d'emplois indirects en péril.
Malgré une aide gouvernementale de 150 millions d'euros, les responsables de Fibre Excellence n'ont pas réussi à parvenir à un accord. L'État a proposé une revalorisation du prix de rachat de l'électricité produite par le site, tandis que la Région Sud a offert de renoncer à la récupération d'une dette de 2,3 millions d'euros. Pourtant, ces propositions semblent insuffisantes pour la direction de l'entreprise.
Jugement le 27 avril
La direction remercie les Régions Occitanie et Sud ainsi que l'État pour leur soutien, mais admet que la situation reste critique. Le tribunal entendra les représentants de l'entreprise ainsi que les syndicats lors d'une audience le 21 avril avant de rendre son verdict six jours plus tard. En attendant, l'activité industrielle se poursuit.
"Nous exigeons la nationalisation"
Les syndicats, dans un communiqué, ont exprimé leur inquiétude en déclarant : "Il y a urgence, nous avons besoin de vous tous pour éviter une catastrophe sociale et économique". Ils demandent une nationalisation ou une mise sous tutelle par l'État, arguant que l'actionnaire ne veut plus investir dans l'entreprise. Depuis les années 1960, Fibre Excellence joue un rôle central pour le territoire et ses employés. L'identité de la région est étroitement liée à cette entreprise, qui a été rebaptisée en 2021 après son rachat par l’industriel indonésien Jackson Wijaya.







