Le maire de New York, Zohran Mamdani, a récemment accueilli l'économiste français Gabriel Zucman et le prix Nobel d'économie américain Joseph Stiglitz dans le cadre de la Journée de l'impôt. Ensemble, ils ont plaidé pour une taxation plus juste des ultrariches en réponse à la "crise planétaire" actuelle, un sujet qui sera discuté lors d'une réunion de la gauche internationale à Madrid.
Dans la ville symbole du capitalisme financier, Mamdani a établi les bases d'un mouvement significatif. Lors d'un discours au CUNY Graduate Center, il a souligné l'importance de taxer davantage les plus riches, rappelant que New York abrite presque 20 % des ultrariches américains, marquant la plus forte concentration de richesse dans le pays. Cette réunion a renforcé l'idée que leur projet de taxation, déjà discuté en France, a pris une ampleur mondiale.
Une crise mondiale à affronter ensemble
Les trois économistes ont également co-écrit une tribune publiée dans des médias internationaux, dont The Guardian et Le Monde, pour soutenir leur plaidoyer en faveur d'une taxation des riches à discuter lors du sommet progressiste à Madrid, où des leaders de divers pays se rassembleront.
Le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, accueillera près de 120 intervenants à cette mobilisation, soulignant que la demande collective pour la justice fiscale est d'une urgence croissante. Le groupe rappelle que le projet de taxation proposé s'inscrit dans une perspective plus large d’une "crise planétaire".
Zohran Mamdani, Zucman et Stiglitz haussent le ton, affirmant qu'« il est grand temps d'affronter ce problème collectivement ». Ils affirment que le maintien d'un système où les ultrariches contribuent moins est inacceptable, citant des chiffres qui révèlent les inégalités croissantes entre les plus riches et les plus pauvres.
Un besoin urgent de financer les services publics
Au-delà de l'événement à Madrid, Mamdani agit localement à New York, annonçant une nouvelle taxe sur les propriétés secondaires qui ciblera les ultrariches. Cependant, il fait face à des contraintes étatiques qui limitent les augmentations possibles des taxes. Face à ces défis, Mamdani et ses alliés insistent sur une augmentation des impôts pour les riches afin de financer des services publics essentiels.
Dans une tribune, ils déclarent : "Nous appelons New York à augmenter les impôts sur les riches et les grandes entreprises pour financer des services publics vitaux". La réponse politique à cet appel reste à voir.
Le débat sur la taxation des ultrariches n’est pas isolé : en France, les tentatives de mettre en œuvre des taxes similaires ont été entravées par des oppositions politiques, le Sénat ayant rejeté la proposition dite Zucman pour assurer que les grandes fortunes contribuent plus au bien commun.
Des richesses extrêmes et des difficultés généralisées
Le projet de loi en France visait à garantir que les personnes avec un patrimoine dépassant 100 millions d'euros paient au moins 2 % de leur richesse en impôts. Les économistes soulignent que cette contribution pourrait significativement améliorer les budgets publics, prévenant que "la coexistence de fortunes extrêmes et de difficultés généralisées est insoutenable".
Ils concluent avec force que « l'idée que les milliardaires devraient payer des taux d'imposition plus élevés que les travailleurs n'est pas radicale ; ce qui est radical, c'est de maintenir en l'état un système inéquitable ». Ce mouvement croissant pour une justice fiscale, s'il se renforce à l'échelle mondiale, pourrait jouer un rôle crucial dans la réduction des inégalités et la promotion de la solidarité dans les sociétés.







