Pedro Sánchez, Premier ministre espagnol, a récemment souligné l'urgence de corriger les déséquilibres commerciaux qui affectent l'Espagne et l'Union européenne. S'exprimant à l'université Tsinghua, il a invité la Chine à s'engager dans un dialogue constructif pour promouvoir un commerce plus équitable.
"L'Union européenne fait sa part (...) Nous avons besoin que la Chine s'ouvre également pour éviter un repli sur elle-même", a-t-il déclaré.
Avec 74% du déficit commercial de l'Espagne étant attribué à la Chine, Sanchez a insisté sur la nécessité de remédier à cette situation qui, selon lui, est devenue insoutenable. En 2022, ce déficit a encore connu une augmentation de 18%, entravant la santé économique des sociétés européennes.
"Cette réalité engendre des tensions et une souffrance sociale intolérables", a-t-il ajouté.
Cette visite en Chine marque la quatrième de Sanchez depuis qu'il a pris le pouvoir en 2018, soulignant son désir de redynamiser les relations avec Pékin en pleine incertitude géopolitique mondiale. L'administration américaine, sous Donald Trump, a récemment mis l'Espagne sous pression après que Madrid a refusé d'utiliser ses bases militaires pour des frappes contre l'Iran.
Pedro Sanchez revendique également un rôle unificateur pour l'Espagne entre la Chine et l'UE, avec une rencontre prévue avec Xi Jinping. L'un des objectifs clairs de cette mission est d'améliorer l'accès du marché chinois pour les exportations espagnoles, en particulier dans les secteurs agricoles et technologiques.
Les experts s'inquiètent de l'ampleur du déficit commercial avec la Chine, qui pourrait compliquer davantage la situation économique européenne. Sanchez a plaidé pour une reconnaissance de l'UE comme un acteur clé sur la scène mondiale, soulignant son statut de principal bloc commercial et deuxième économie mondiale.
Sa vision d'une Europe comme force de stabilité mondiale rappelle aux Chinois l'importance d'une coopération multilatérale, notamment à travers une réforme de l'ONU. Alors que le monde est en pleine mutation, Sanchez présente l'Espagne comme un partenaire stratégique, attirant des investissements chinois grâce à sa croissance économique dynamique et ses faibles coûts énergétiques.
Une Espagne amicale
L'Espagne, actuellement en proie à un déficit commercial de 42,3 milliards d'euros avec la Chine, voit ses exportations vers ce marché augmenter, notamment grâce à des accords récents concernant le porc et les cerises. Selon Claudio Feijoo, spécialiste de la Chine à l'Université technique de Madrid, "la Chine voit l'Espagne comme un partenaire relativement amical, moins confrontational que d'autres nations, et plus indépendante de Washington, permettant des décisions autonomes." Il ajoute que l'Espagne est perçue comme une « porte d’entrée » vers l'Europe et l'Amérique latine.







